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 Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid

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Yla
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MessageSujet: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Mer 05 Aoû 2015, 11:59 pm


La lumière d'un orange invariable filtrait à travers le rideau de stalagmites. Ces dernières étaient si resserrées qu'elles formaient un fuseau de roche, infranchissable pour un Humain, même enfant. Scylla n'était pourtant pas Humaine, toute fine et agile qu'elle était, la jeune Smilly n'avait pas eu de mal à se faufiler jusqu'ici.

L'endroit n'était pas très confortable, il formait une petite niche perchée au milieu d'un large bouquet de formations calcaires. Elle y avait trouvé là quelques tas de fougères desséchées, la couchette fard de la Fourmilière. En contrebas, elle voyait la Place de l'acier, enfumée par les chantiers d'agrandissement, tout proches.

La lumière filtrait, certes, mais Scylla savait bien que cela n'annonçait en rien le début de la journée. Il pouvait être midi comme le milieu de la nuit. La jeune vagabonde avait finit par s'endormir ici, un peu à l'écart du tumulte de la ville. Si ces quartiers de la Fourmilière n'avaient pas la réputation d'être silencieux ou tranquilles, au moins n'avaient-ils pas non plus celle d'être dangereux. En tout cas, personne n'était venu déranger la Smilly pendant son sommeil. Sommeil dont elle ignorait la longueur, plusieurs heures probablement : elle se sentait parfaitement réveillée et en pleine forme.



Dernière édition par Ust'tlu (MJ) le Mer 03 Fév 2016, 11:33 am, édité 1 fois
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Scylla
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Jeu 06 Aoû 2015, 11:46 pm

Le contact gris et doux de la cendre froide. L'odeur acre du sang caillé, et de la discrète putréfaction des corps. Ce goût imprononçable de la magie destructrice sur le pas de la langue, qui fait frissonner le corps et l'esprit. Ses camarades, ses amis, cette famille illusoire qui était sienne, désarticulés, brûlés, broyés sous les décombres de ce qui était un îlot de paix et de sûreté. Le vent étrange de la cité s'engouffrant dans les blessures béantes de l'ancien repaire, faisant voler la cendre et avivant les braises, écailles vivantes, chaotiques, illuminant de leurs colères un décor sans couleur, fade, sans plus aucune vie. La Smilly évoluait au milieu d'une tombe. Elle cherchait, toujours, elle cherchait quelque chose, laissant ses empreintes dans la poussière, s'approchant d'une jambe sous un tas de pierre, d'un bras pendant entre deux planches.

Elle cherchait quelque chose qui n'était pas là. C'était rouge, c'était beau. Dans ses mains cela aurait été la plus belle chose du monde. Enfin, quelque chose luisait, sur la poitrine d'un corps parmi d'autres. Aspeline s'approchait. Il tenait quelque chose, qu'elle entrepris délicatement de récupérer. Sa main approcha des doigts cadavériques, mais ceux ci se jetérent sur elles, attrapant son bras avec une force et une vivacité bien trop réelle. Paniquée, elle tente désespérement de se libérer mais ces doigts, ce bras tirent plus fort que tout ce qui existent, l'amenant irrémédiablement presque au contact de la tête de ce cadavre, qui, dans un râle d'horreur relève lentement la tête, le néant de ses orbites vides dévisageant Aspeline. La Smilly a beau se débattre, la main tiens bon et ces yeux, ces yeux ! Le néant grandit et semble comme aspirer son âme, son esprit. Aspeline tombe dans ces yeux, accompagné par le râle accusateur des corps autour d'elles. Elle sent leur présence. Ils s'approchent ! Ils l’attrapent, la font prisonnière ! Ils vont l'emporter ! !

---- !

Le corps de la Smilly se redresse brusquement, dans un glapissement de peur rauque et sifflant. Serrant les dents, épiant ses alentours, il faut quelques secondes à la jeune femme serpent pour reprendre suffisamment ses esprits. Et quelques minutes encore pour se sentir de nouveau en sécurité. Autour d'elle les hautes stalagmites font comme une barrière infranchissable, un mur de pierre protecteur, à l'abri des regards, à l'abri du monde. Un son diffus, saccadé, aigu, vient à ses oreilles, qu'elle identifie comme le bruit du travail des tailleurs de pierres. Le chantier en contrebas ne s'arrête jamais. Ses fumées englobent le quartier dans un fin brouillard aux volutes étranges et inhospitalières. La Smilly se masse le corps, endolori par le sommeil sur une roche froide puis se lève pour procéder à quelques étirements.

Elle est bien réveillée, et au final en forme, ce qui est une surprise. Ses cauchemars la laissent généralement dans une apathique détresse difficile à chasser. Peut être que ses décisions sont bonnes après tout ? Peut être que le fait de partir, d'abandonner son ancienne vie constituera enfin les éléments d'un deuil qu'elle attends depuis bien trop longtemps. Cela ne chasse pas ses appréhensions, mais quelque chose, comme un espoir, remplis sa poitrine de chaleur. Plus optimiste, elle décide de faire le point sur sa situation.

A l'heure qu'il est, ses parents ont du se rendre compte de son départ. Son père comprendra très certainement ses raisons, vu qu'il a lui même décidé de voyager à son âge. Sa mère, par contre, c'est une autre histoire. Il est possible qu'elle tente d'amener les furets à la retrouver, même si la probabilité est minime. Il sera peut être utile d'éviter les portes de la ville un temps, par sûreté, vu que ce sera certainement le premier lieu qu'ils tenteront de surveiller. De toute façon, elle ne tentera pas de sortir immédiatement. L'hiver bat son plein dehors et elle est bien trop frileuse pour tenter de lutter contre le climat. Et il faudrait être fou pour partir de la ville sans équipement. La sûreté reste dans les bras de la ville, comme toujours.

Ce qui nous amène à l'équipement. Hum... Peut être aurait elle du réfléchir d'avantage avant d'agir. Peut être voler un peu d'argenterie ou quoi que ce sois. Non, elle était déjà partie comme une voleuse, inutile d'avoir à ajouter l'insulte à l'insolence. Ceci étant, elle n'en mène pas très large non plus. Une cape noire discrète, un arc et quelques flèches. Et deux misérables drucks au creux de sa bourse. A peine de quoi vivre pour quelques jours. Si quelque chose doit être réglé immédiatement, c'est bien cela.

La jeune Smilly fait rouler lestement les deux drucks sur ses doigts agiles, les regardant refléter un trait de lumière s'étant fait un chemin parmi les fissures du plafond. Pondérant sa situation, elle en vient très rapidement à la conclusion que la solution à son problème est toute trouvée. Voleuse elle était, voleuse elle sera. Il est inutile de vouloir tout changer quand on a déjà des capacités. Il suffit simplement de les mettre à profit différemment. Et de toute façon, il lui faut un début d'équipement si elle veut pouvoir s'attaquer à des choses plus intéressantes.

Décidée, la Smilly rassembla ses maigres affaires. Passant la cape autour de ses épaules, remontant la capuche sur sa chevelure, elle regarda un dernier instant l'espace aplati parmi les fougères. A cet endroit, une heure avant, dormait Aspeline Weedum'Ja, fille rebelle de hauts gradés du gouvernement. Désormais, se faufilant avec souplesse entre les fines stalagmites, Scylla la voleuse débute sa carrière, laissant sa vie passée telle une mue derrière elle.

D'un pas assuré, l'ombre serpentine descendis vers la Fourmillière, se mêlant à la foule, discrète parmi tant, à la recherche de tout ce qui pourrait constituer une cible facile et hautement lucrative.
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Yla
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Ven 07 Aoû 2015, 10:55 am

Scylla arriva à la Place de l'Acier. Elle formait un vide extraordinairement grand pour la Fourmilière, où les habitations se battaient avec les éboulis pour chaque pouce carré de libre.
De nombreux chariots encombraient la place, avec tout autour, des personnes embarquées dans de vives discussions. Scylla savait qu'on échangeait ici les minerais trouvés lors des chantiers d'agrandissements. Du charbon, du fer, parfois un peu d'or, en petites quantités mais suffisamment pour faire de la place un marché animé une bonne partie du temps.
En fait, une large partie des immigrés qui venaient à Hiloroth finissaient par atterrir aux chantiers non loin. Tous rêvaient de dégoter le filon qui les rendraient riches. De fait, les travailleurs finissaient par se réunir en véritables compagnies où chacun partageait le bénéfice. Du moins, en théorie.


En tout cas, Scylla savait qu'il y avait peu de belles occasions à prendre ici. Le fer valait cher, mais comment voler des gravats pesant parfois plus lourd qu'un âne mort ? A l'époque, les moins futés de ses amis avaient essayé et étaient revenus en bien piteux état.


Le meilleur endroit, c'était le Cœur de la Fourmilière. Cet endroit était toujours grouillant de monde, au sens littéral du terme. A n'importe quelle heure, il était impossible de circuler décemment dans les "rues" des quartiers centraux. Les Pas du Roi étaient un endroit particulièrement fréquentés, par des mineurs et des poivrots, mais parfois aussi par des bourgeois voire des nobles venus s'encanailler. Au final, on trouvait de tout là bas, mais cela voulait dire qu'on y faisait parfois de mauvaises rencontres.

Entre là bas et ici s'étendait le Ghetto. Le mot était certainement exagéré mais c'était un fait : ces quartiers étaient occupés très majoritairement par des non-Humains. Sachant ceci, on était moins étonné en traversant l'étrange assemblage d'habitations aux architectures très différentes. Les Habitants du Ghetto étaient méfiants, mais certaines familles gardaient chez-elles des choses de valeur. Les Furets descendaient plus rarement jusqu'ici, et quand ils le faisaient, c'était souvent pour détrousser eux même les habitants.

Enfin il y avait le quartier des Capes. Sans aucun doute le plus dangereux, mais aussi celui qui faisait miroiter les plus belles promesses. De nombreux groupes crapuleux — aussi nommées les Coteries — partageaient le pouvoir dans ce quartier, et ils avaient toujours besoin de personnes qualifiées et à la moralité douteuses. Scylla savait que là bas, on finirait vite par lui proposer un "travail".
Voler quelque chose, espionner quelqu'un, empoisonner un repas... Souvent, tout était préparé à l'avance, ce n'était qu'une tâche à exécuter.
Bien sûr, tout cela allait de pair avec de grands risques, mais aussi des bénéfices alléchants.

D'autres options encore s'ouvraient à Scylla : tenter de détrousser des clients de La Reine ou autre taverne bondée, vider les poches des nouveaux arrivants aux portes d'Hiloroth (mais beaucoup de monde était sur le coup), repérer des Furets avinés près du Cercle de "Justice" et les débarrasser de quelques effets personnels...
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Scylla
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Sam 08 Aoû 2015, 4:43 pm

Fantôme parmi la foule, Scylla se frayait un chemin à travers la place, se faufilant avec aisance dans cette calme mer sentiente aux embruns animaux. Autour d'elle, le marché battait son plein, le commerce et la vente du minerai prenant ici une teinte toute exotique. Si prêt du guetto, la population non humaine était importante, telle que les marchands de matières premières à destination du Creuset se disputaient la place avec bon nombre d'armuriers, fondeurs, forgerons et revendeurs de toute les races. La place de l'Acier était particulièrement intéressante pour ses bizarreries militaires. Scylla y avait trouvé une fois un stylet d'avant bras rétractable de conception Juste au mécanisme fort intéressant. Mais le prix avait été prohibitif et le marchand bien trop vigilant pour qu'elle ait pu réussir à s'en emparer d'une manière ou d'une autre. Ses yeux se baladèrent à tout hasard sur les étals, recherchant une petite arme de main quelconque qui ne manquerait pas trop à son propriétaire.

Ses yeux s'attardèrent un instant sur un acéré ciseau à dentelure, l'outil parfait pour couper les fines lanières tenant les bourses aux ceintures. Il dépassait de la mallette d'un tanneur, alors que celui ci terminait la recoupe d'une pièce d'armure. La main de la Smilly se tint prête à agir, ses jambes l'amenant naturellement vers l'objet de son désir. A moins de deux pas, le tanneur vint fouiller sa mallette et en sortit le ciseau pour son travail. Scylla soupira. Elle reviendrait plus tard. Détendant ses muscles, elle continua à se laisser porter par la foule jusqu'à l'autre bout de la place.

L'entrée de la langue du Serpent était à quelques mètres, et la voleuse s'y engouffra. Ce long et sinueux corridor était le plus court chemin vers le Pas du Roi et le bureau administratif. Cela fendait le coeur de Scylla, mais elle avait laissé ses papiers chez elle, la rendant de fait tout aussi vagabonde que n'importe quel immigré. Il existait évidemment des chemins détournés pour retourner en ville, notamment par le Creuset, mais même ceux ci étaient risqués sans avoir au moins un passe de travail. Elle savait qu'autour du bureau administratif, elle trouverait facilement un pigeon bien remplumé sortant de la Ruche, pour aller se payer du bon temps à la Reine. Le chemin était court, il était direct, et si prêt des postes de contrôle, les marques étaient peu vigilantes. Un endroit parfait qu'elle avait appris à connaitre comme sa poche.
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Mar 11 Aoû 2015, 8:03 pm

Les rues fourmillaient de monde. Plus on approchait du Coeur du premier étage d'Hiloroth, et plus il était ardu d’avancer à travers la foule composite. Scylla, elle, était fine et flexible comme une tige de bambou, elle parvenait à esquiver sans mal les coups de coudes et autres collisions.

Le Bureau administratif était un bâtiment qui tranchait nettement avec le reste de la Fourmilière. Alors que l'immense majorité des maisons étaient des assemblages incertains d'argile et de bois mal dégauchi, le Bureau était grand, carré, et constitué de pierres de taille larges de plusieurs coudées.

Une fille invraisemblable de personnes attendait de rentrer par la porte centrale. Au premier coup d’œil, on voyait que la plupart de ces gens étaient des "nouveaux". Teint hâlé, regard émerveillé, sourires gaillards... Puis il y avait les autres, ceux qui avaient passé quelques temps dans Hiloroth : habits de trait de misère, échine voûtée, teint blafard et œil morne. Certaines personnes ne s'habituaient jamais à la vie souterraine et à l'absence de cycle de jour et de nuit, il devenait fou en quelques mois.

Des gens comme en cherchait la Smilly, il y en avait finalement peu : un artisan du cuir par ici, une dame à l'air vaguement bourgeois par là... Bien souvent, c'était des personnes qui venaient tenter d’accélérer l'entrée de leurs amis ou leurs famille dans Hiloroth.

Hrp:
 

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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Mer 12 Aoû 2015, 12:42 am

En remontant la fin de la rue de la coupole, Scylla pu admirer l’arrière du batiment administratif, frontière entre le monde de la citoyenneté, propre, neutre et uniforme et celui des émigrés, masse chaotique exotique et pauvre certes mais riche d'une variété hors de toute limite. La Smilly gouttait dans son esprit son appartenance singulière à ces deux mondes, particulièrement l'ironie de sa situation particulière. Enfant de premier immigré, une place de choix lui était disponible, bien au chaud dans les quartiers intérieurs. Mais la vie, celle qui valait la peine, ne pouvait être vécu à l'intérieur d'une carapace. Scylla avait besoin du chaos de ces ruelles bondées, de cet enchevêtrement des cultures, de l'espoir et du désespoir de ces gens. Mille fois blessée, mentalement, physiquement, spirituellement, elle avait appris bien plus ainsi que dans une existence recluse au fond de la cité. Principalement, elle avait appris ce qui aujourd'hui allait lui permettre de survivre. Et cette survie passait par l'imposant bâtiment administratif, aux longues files de gens en attente de salvation.

Il existait deux points de reconnaissance très important ici, pour les membres de sa profession. Le premier était l'arête gauche du bâtiment administratif, permettant aux affûts de marquer des pigeons intéressants, en provenance de la Ruche et en partance pour les bordels du quartier des Capes. Le second était moins savoureux, mais également beaucoup moins dangereux, le coin gauche du même bâtiment. A cet endroit, on pouvait facilement se mettre en hauteur et admirer la foule à la recherche de pigeons se rendant aux marchés ou à la Reine. Le premier coin était en général plus lucratif mais nécessitait d'être en groupe de deux ou trois pour fonctionner. En effet, il était de notoriété publique que le quartier des Capes réservait un mauvais moment aux visiteurs solitaires. Pour pallier à cela, les marques se baladaient généralement en groupe elles aussi. Cet état de fait était bien moins une généralité pour les fidèles de la Reine et les adeptes des produits exotiques. Et cela permettait à une voleuse solitaire de très bien subsister.

Scylla se mit à l’affût, usant de la présence d'un parieur au bonneteau comme planque improvisée. Prétextant d'être fascinée par les talents de l'escamoteur, qui faisait disparaître et apparaître la balle sous ses bols avec maestria, elle se joignit au cœur des exclamations et des éclats à chaque nouveau pari, mais ses yeux scrutaient la foule.

Ses yeux s'arrondirent lorsqu'un homme noblement vêtu passa à quelques pas, des bagues plein les doigts et un ventre proéminent semblant apprécier la bonne chère. Un oiseau rare, par ici, qui se révéla beaucoup moins intéressant après qu'elle ait dénombré les trois agiles gardes du corps qui le protégeaient. Très certainement un prospecteur en quête de spécialistes pour ses affaires. Bien trop dangereux pour n'importe qui. Elle siffla de frustration, essayant d'enlever de sa rétine l'image persistante d'un rubis impressionnant sur l'une de ses bagues.

La seconde marque était totalement à sa hauteur : Une femme d'un certain âge, aux vêtements simples mais bien taillés, se frayait un chemin avec difficulté entre les files du bâtiment administratif. Scylla la scruta d'avantage, repérant sans difficulté la bourse enroulée autour de son cou et cachée par sa poitrine. Une tactique habituelle mais très facilement contournable avec un brin de subterfuge. La Smilly pensa avoir trouvé sa cible jusqu'à ce que la dame leva les bras et vint entourer d'une accolade aimante le corps d'une réfugiée, avant de saluer son mari et ses trois enfants. Scylla ne put s’empêcher de sourire devant la joie de ces retrouvailles, alors que la dame prenait place avec ces gens dans la file, commentant avec forces gestes ce qui attendrait certainement le maintenant radieux couple une fois leurs papiers obtenus. La Smilly se rappelait très bien l'exode qu'elle avait elle même vécu dans sa jeunesse. Voler ces gens lui serais facile, mais cet argent lui fendrait le cœur. Elle détourna les yeux, et se remit au travail.

Enfin, après d'autres marques sans intérêt, elle tomba sur ce qu'elle recherchait. Deux jeunes hommes aux vêtements de styles et portant dagues ouvragées. Leurs conversations étaient enjouées, leurs rires tonitruants et leurs bourses bien suffisamment remplis pour pouvoir se permettre un excellent après midi dans un établissement de gout. Scylla voulait bien mordre sa langue si ces deux là n'allaient pas à la Reine. Pas d'hésitations chez la Smilly cette fois. Ils étaient bien trop juteux pour se laisser pousser par les sentiments. Vive et discrète, elle entrepris de leur emboîter le pas, profitant de la foule générale et de ses discrets habits pour se positionner un peu derrière eux, anonyme parmi tant.

Pour atteindre la Reine, les clients en provenance de la Ruche passaient principalement par le Pas du Roi. La vérité était que ce n'était pas le chemin le plus sûr, qui faisait un détour par la rue de la Coupole pour atteindre l'agréable taverne. Plus large et plus spacieuse, l'avenue du Pas du Roi faisait un goulet très léger entre la place du bâtiment administratif et la Reine, ce qui, de par son statut de route principale, transformait cet endroit en véritable labyrinthe de chariots, où les gens se pressaient contre les bêtes de sommes. La foule était dense, se bousculait en tout les sens, tout le monde se frottait contre tout le monde. Le territoire était parfait pour une technique de vol à la tire basique mais redoutablement efficace : le collé-serré.

Scylla profita ainsi de l'occasion, collant de près l'un des deux hommes dans l'attente du moment idéal. Celui ci parvint rapidement, lorsque un chariot avança plus rapidement que prévu, les obligèrent à se presser par réflexe contre d'autres personnes. Précise, et avec toute la dextérité qu'elle possédait, la main de la voleuse plongea vers une des bourses.
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Mar 01 Sep 2015, 12:32 am

Scylla - Larcin : 80
Jeune homme - Vigilance : 18

Les doigts d'écailles de la voleuse s'approchèrent de la bourse. Bientôt, ils touchèrent le cuir lacé, épais et rugueux ; du Pikund, et pas médiocre. Mais c'est à ce moment là que Scylla fut bousculée violemment dans le dos. Une mule distraite — ou trop pressée par son maître, un Juste vociférant — avait manqué de la faire tomber. Pis, la main de la Smilly avait ripé et s'était agrippée par réflexe à la bourse du jeune Humain.

— "Qu..?! Sale petite voleuse ! S'écria-t-il. C'était un jeune blondinet au visage anguleux et blafard, habillé de bleu et d'argent. Il s'apprêta à saisir le bras de la jeune vagabonde mais Scylla était plus rapide que lui, elle avait le temps de réagir avant que les choses dégénèrent.


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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Mar 01 Sep 2015, 1:15 pm

Lorsque l’arrière train equin percuta la frêle Smilly, celle ci ne put que réagir, propulsée comme un fétu de paille, elle réussit à prendre appui pour ne pas tomber ni percuter sa cible.

Sale voleuse ! Sale voleuse ? Elle était très propre merci. Et d'ailleurs, pourquoi était il en train de... Et que faisais sa main sur... Oh ? Oooh... Cela allait poser problème en effet.

Vive comme l'éclair, Scylla éluda le féroce mouvement du jeune homme, défiant son regard. Défiant son regard ? Mais qu'est-ce qui lui était passée par la tête ? Trés vite elle détourna les yeux et la tête pour cacher les détails de son visage. Il fallait qu'elle se réveille, et immédiatement ! Son cerveau se mis enfin en branle.

Autour d'elle, la foule. Compacte, bruyante, égoïste. Devant elle, deux humains, avec l'un d'entre eux s'apprêtant à la saisir de nouveau. Ses répugnantes mains s'avançant  à chaque nouvel instant. Derrière elle, une mule, et son bruyant cocher, sur un char tout ce qu'il y avait de classique. Beaucoup de solutions, beaucoup de possibilités. La voleuse n'avait pas envie de difficulté. Elle n'avait pas envie non plus de se justifier. En fait, elle avait juste envie de sortir de là. Sans laisser le temps aux horribles pognes de sa cible de l'atteindre, elle s'insinua en souplesse sous le char qui lui collait au dos, sa capuche cachant un maximum sa silhouette. Elle tenta de passer de l'autre coté avec toute l'agilité nécessaire avant même qu'une confrontation commence.
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Jeu 03 Sep 2015, 8:06 pm

Scylla — Athlétisme : 43

Scylla se coula avec aisance sous la carriole. La dessous, l'air était saturé d'une forte odeur de crottin, le véhicule semblait en être plein. Aspeline se rendit vite compte qu'aucun des jeunes Humains ne la poursuivait, mais elle entendit le blond rugir :

— "Pas question que je salisse mon veston pour toi, cloporte ! Je suis Rendal de Grisemotte, fils du grand administrateur du Cercle de Justice, tu entends ? On va t'arracher les écailles une à une pour avoir essayé de me détrousser ! Furets, Gardes, Furets par ici, au vol, au vol !"

Tendis que le jeune homme s'égosillait, la vagabonde se releva au cul de charrette. Personne ne faisait attention à elle, tout au plus les badauds jetaient-ils un œil à ce qu'elle avait bien pu dérobé. Cette foule était bien dense en tout cas, la Smilly n'y voyait guère plus loin qu'à quelques mètres. Elle savait que le Bureau administratif était derrière elle, que droit devant se découpait une rue à travers des quartiers populaires, tandis qu'à gauche se prolongeaient les Pas du Roi. Enfin, une centaine de mètres à droite la conduirait au passage vers la Ruche, encombré du traditionnel barrage filtrant tenus par les forces de la Couronne et surtout des Furets.

Pour le moment, aucun d'entre eux n'était en vue, d'ordinaire ils ne se pressaient pas pour combattre le crime, sauf si la victime jouissait d'une certaine importance, ou avait une réserve de drucks conséquente...


Dernière édition par Ust'tlu (MJ) le Mar 08 Sep 2015, 6:41 pm, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Jeu 03 Sep 2015, 9:15 pm

L'odeur du crottin avait accueilli Scylla avec tout l'amour d'une bonne porte de sortie. Désormais à l'abri des ennuis, la voleuse vérifia rapidement sa tenue, éliminant les fragments de paille et d’excréments séchés qui auraient pu facilement l'identifier.

Autour d'elle la masse laborieuse ne s'intéressait qu'à la victime. Peu étonnant avec un coffre de cette ampleur. Scylla ne put s’empêcher de sourire malicieusement à l'entente des armoiries de sa cible. Devait elle avoir peur, elle même fille d'un haut gradé ? Peut être pour sa réputation, et pour les longues journées de tortures aux mains des Furets. Mais elle n'avait rien à envier à ce jeune homme. Au contraire, si un peu de crottin lui faisait peur, il ne méritait pas vraiment cette massive bourse qui lui pendait au corps...

Scylla soupira, se rappelant les deux pauvres drucks qui se battaient en duel dans sa propre poche. L'homme, ce gros plein d'oseille, n'était plus un danger, mais ses cris primates avaient contribué à élever le risque de travailler dans cette zone du quartier. La Smilly décida donc de migrer ailleurs. Elle s'enfonça à travers la foule, vers les ruelles au nord, avec l'optique de rejoindre le Passage de Benfeluir.

Se faisant, elle resta aux aguets de la première cible intéressante à portée. Si cet échec lui avait fait comprendre quelque chose, c'est qu'elle avait définitivement besoin de matériel. Avec 8 drucks supplémentaires, elle aurait de quoi s'acheter tout les outils nécessaires pour vraiment faire quelque chose d'utile. Avec 10 drucks de plus, elle pourrait prendre un passe pour la Ruche et s'attaquer à des cibles plus lucratives. Elle n'avait pas vraiment le temps ni l'envie de trainer. Elle avait d'autres projets.

Une idée lui vint en tête. Lors de ses études à l'Académie, elle avait lu dans un grimoire d'enchanteurs qu'il était possible de détecter magie et objets magiques avec une concentration spéciale. La voleuse ne doutait pas que c'était compliqué, mais ayant fait ses propres expériences sur l'analyse magique, peut être que la possibilité existait que ce soit facile pour elle. Rassemblant ses maigres connaissances, la Smilly concentra son essence en elle, tentant de sentir les émanations magiques de la cité.
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Mar 08 Sep 2015, 8:07 pm



Scylla s'extirpa de la foule grouillante et des odeurs de fumiers. Elle évitait assez habilement les gravats et autres aspérités du terrain qui conspiraient contre les pieds des passants. Le fracas des sabots et les hurlements du jeune bourgeois s'éteignirent peu à peu pour céder la place à une autre ambiance.

Les rues du Passage de Benfeluir étaient cernées d’habitation très hautes, en réalité des empilements de plusieurs bicoques, certaines reliées par des ponts de fortune. La foule était moins dense, un peu.

Scylla — Magie : 20

Lorsqu'elle concentra l'Essence qui nageait dans ses veines et son esprit, Aspeline ne parvint pas à déceler grand chose. Il y avait de traces d'utilisation de magie, bien sûr. Il y en avait toujours, souvent sans intérêt. Mais la Smilly sentait tout de même quelque chose d'étrange, une odeur magique bizarre et étrangère mais qui semblait se situer toute proche d'elle, voire en elle.

Autour, rien de particulier n'était à signaler, chacun allait à un rythme soutenu, surtout des mineurs de toute race qui montait vers le Nord de la Fourmilière. Il y avait un certain nombre de va-nu-pieds affaissés sur des paillasses aux pieds des habitation, ils ne faisaient rien d'autre qu'attendre que quelque chose tombe d'une poche, ce qui n'arrivait pas souvent, voire jamais.

En face d'elle, un énorme mercenaire taillait la foule. Véritable bloc humain au crane rasés et aux oreilles alourdie de deux anneaux énormes, il ne tarderait pas à croiser le chemin de la jeune vagabonde.

Tout proche d'elle, un Nain progressait à travers le champ de jambes qui lui faisait face, sa ceinture était garnie d'une hache luisante mais aussi de plusieurs petites bourses de cuir noir.

Enfin, la dernière cible intéressante était plus en hauteur. Des Smilly, au moins deux ou trois, assez jeunes, qui faisaient une sieste sur le perron lézardé d'une maison adossée à un gros pilier de calcaire.

Bien sûr, Scylla pouvait tout aussi bien continuer sa route à la recherche d'autres victimes. Certains des bâtiments qui l'entouraient faisaient office de tavernes et de boutiques : ventes de fougères et de paillasses, de champignons, mais aussi des pancartes vierges ou devenues illisibles, il y avait un choix des plus larges.



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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Mer 16 Sep 2015, 7:07 pm

Lorsque l'étrange émanation se fit sentir, Scylla s'arrêta net. Bien sur, elle n'avait rien trouvé, elle ne s'attendait pas vraiment à trouver quelque chose au milieu de la rue. Mais elle s'attendait peu à sentir quelque chose. Quelque chose d'étranger surtout, hors des émanations habituelles.

La jeune Smilly tourna la tête en tout sens, tentant de déterminer d'où pouvait provenir une telle impression. Rien alentour. Elle était tellement focalisée par sa recherche qu'elle ne vit qu'au dernier moment l'imposant guerrier rasé qui lui marchait dessus. Avec vivacité, elle se décala au dernier moment, manquant pour la peine totalement de la grace qui lui était habituelle en croisant le mastodonte. Celui ci lui envoya un regard où pouvaient se lire suspicion et interrogations, qu'elle accueilli avec impatience. Oui, elle était une voleuse, mais elle n'était pas stupide non plus. Et les bourses menues de ce gros mercenaires ne lui donnaient aucune envie.

Surtout, elle avait une autre priorité. Tenter de déterminer d'où pouvait venir cette émanation magique. Sa curiosité accrochée, la demoiselle approcha d'un coin de mur, juste derrière la pancarte délabrée d'un marchand d'herbes des cavernes. Hors de la rue et de son flot de passants, la voleuse ouvrit ses sens, physiques comme magiques.

Il y avait quelque chose d'étranger ici, et elle le trouverait.

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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Ven 18 Sep 2015, 5:49 pm


Scylla — magie : 47

La trace d'Essence qu'avait sentie Aspeline ne lui était pas inconnue. Elle avait déjà eu affaire à cette signature magique, marquée par une écriture très sobre, minimale. Il ne faisait aucun doute qu'elle était envoûtée, sous l'effet un sortilège. Difficile de deviner de quoi il pouvait bien en retourner, mais d'après la structure du Sort que pouvait voir la Smilly, il s'agissait d'un sort de pistage.

Le propriétaire de l'envoûtement lui revint finalement en tête, c'était Javee, Un guetteur Juste, pas réellement au service de ses parents, mais dans les faits c'était tout comme. Avant tout, ils étaient amis, et ce depuis leur rencontre dans Hiloroth.

Scylla — Vigilance : 45*
*malus de 15% : la foule est très compacte.

Il n'y avait aucune trace de Javee dans les environs. Aspeline savait qu'il était spécialisé dans l'espionnage de personnes — lui préférait parler de surveillance —, et que beaucoup de ses sortilèges étaient effectifs à courte distance.

Scylla — Discrétion : 93*
*bonus de 15% : la foule est très compacte. :p


Scylla n'eut pas le temps de poursuivre plus en avant ses déductions, la pancarte du magasin passa juste au dessus de sa tête, manquant de peu de lui enfoncer le crâne. Concentrée sur son analyse, elle n'avait pas vu venir trois Furets. Ils étaient semblables à de véritables barils humains, mal rasés, mal fagotés. Le gourdin à la main, ils avait un air plus que menaçant.

Aspeline serait bien plus rapide qu'eux, mais elle était cernée dans l'angle du mur. Le seul échappatoire était d'escalader le pan de mur derrière elle. Il offrait de nombreuses prises, tellement de prises qu'il en semblait instable.
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Ven 18 Sep 2015, 10:09 pm

Il y a de la beauté dans l'analyse magique. Déterminer l'utilité d'un sortilége, décortiquer son fonctionnement, en retirer l'essence, demande autant de concentration que lorsqu'on doit délicatement ouvrir une serrure. C'est un très intime combat, mêlant désir et compétence, pour obtenir quelque chose. Au fur et à mesure des déclics, lorsque la curiosité, rendue plus forte par chacune des résistances qui sautent, atteint son paroxysme, l'extase est à portée de main...

Mais de temps en temps, le résultat n'est pas du tout à la hauteur des attentes... Les yeux de Scylla s'écarquillèrent de colère alors qu'elle tourna la tête rapidement pour sonder la foule. Rien, rien que des inconnus autour d'elle. La désormais reconnaissable odeur magique de cet odieux chaperon fit vibrer la langue de la femme serpent de rage.

Elle n'eut pas le temps de réfléchir d'avantage. Elle n'eut pas le temps de crier. La pancarte qui lui servait de protection vola vers elle avec une force toute brutale. Derrière le tas de bois volants, trois assommeurs Furets. Scylla fronça les sourcils. Il n'y avait que peu de chances que ce soit son méfait précédent qui les ai mené jusqu'à elle. Ils avaient l'air bien trop crétins pour ça. Non, si ça ressemblait à quelque chose, c'était plutôt une tranquille agression raciste des familles. Une Smilly, dans un coin de mur, avec des vêtements sombres. A trois, c'était comme voler son champignon tétine à un bébé, n'est ce pas ? Bande de crevures... Son regard transperça pour le principe chacun de ses assaillants.

La Smilly recula imperceptiblement, sa main entrant en contact avec la pierre du mur. Un petit bruit de débris glissants sur le sol, de la poussiére friable sur les doigts, le mur était délabré. Il risquait d'être instable et ne supporterait pas un poids élevé... La belle affaire ! Scylla pesait certainement à peine le tiers de chacune de ces brutes. Si quelqu'un aurait bien des problèmes à grimper ce serais eux. La voleuse n'hésita pas plus longtemps.

Se retournant vivement, elle sauta de pierre en pierre, s'aidant de ses doigts fins pour s'agripper aux prises et se propulser vers le haut. Elle n'avait aucune peur qu'une prise lui reste dans les mains. Si jamais cela arrivait, avant qu'elle n'ait réussi à se mettre en sureté, elle se propulserait dans la foule, par dessus les Furets. Dans les deux cas, elle s'en sortirait.

Et si cela pouvait également mettre fin à la filature de cet encombrant espion, ce serais parfait.

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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Lun 21 Sep 2015, 8:09 pm


Scylla - Athlétisme : 18
Furets - Athlétisme : 28, 54, 51

Aspeline escalada aisément le mur mal assis. Ses poursuivants, eux, n'avaient pas la même grâce. Ils agrippaient les pierres et se hissaient de manière pataude et alors que la Smilly ne soit arrivée tout à fait en haut, elle senti ses pieds lâcher prise.

Dans un vacarme assourdissant, le mur s'était partiellement écroulé en dessous d'elle. Un furet était blessé à l'épaule, un autre avait le front en sang. Le troisième se trouvait sous un gros bloc de pierres cimentées, et ne bougeait pas.

Scylla était suspendue au dessus de ce chaos de grognements et de poussière, ses mains fermement agrippées sur le rebords du toit. Vu son poids, il lui serait facile de remonter, elle l'avait fait des centaines de fois.

Mais son regard tomba sur des bottes d'un marron terne, un pantalon et une tunique dans les mêmes tons, et finalement un visage long et ovale, encore lisse malgré les cheveux gris-blonds qui l'encadrait. Javee !

Il la regardait de haut, sans que son visage n'exprime de vraie expression. Son front perlait de sueur, et son souffle était court. Il s'approcha rapidement, mais posa son pied avec une telle lourdeur que les tuiles de rives lâchèrent, entraînant Scylla dans leur chute.

Scylla - Athlétisme : 84

Scylla ne tomba pas de haut, pas assez pour se faire mal en tout cas, d'autant plus que c'est la bedaine d'un des furets qui la réceptionna. Mais elle ne parvint pas à retrouver ses appuis et se retrouva à quatre patte, comme ses poursuivants. A présent, ils étaient nez à nez avec Aspeline, au sens littéral du terme.

Elle n'eut pas trop de souvenir de la suite, un violent coup dans la tempe, un grand étourdissement, puis les images virant au jaune, au marron, puis au noir total.


~~~


Elle se réveilla étourdie, dans une salle très sombre et humide, plutôt petite. Le sol était de pierre, tout comme les murs et plafond qui formait une voûte. Un seul des mur présentait une ouverture, béante mais fermée par une série de barreaux de fer rouillés. Entre les barres métalliques se dessinait une porte du même acabit, loquée par un cadenas et sous laquelle s'entassaient plusieurs bols en bois vides.

Derrière les barreaux, on ne voyait que la face aveugle d'un mur, vraisemblablement un couloir. Il était éclairé par la gauche, surement une torche mais qui n'était pas visible depuis la position d'Aspeline.

La seule autre ouverture visible était une bouche creusée au milieu de la voûte, au centre du plafond. Située à trois mètres de haut, elle était ronde, assez large mais obstruée par une grille en bois mangé par les bêtes. Derrière, c'était l’obscurité qui régnait.


Scylla n'était pas seule dans la cellule. En réalité, elle avait été réveillée par l'entrée mouvementée d'un Draconide. La chemise pleine de muscles et le cou aussi gros que le torse de Scylla, il avait une expression vilaine au visage. Il avait été rentré de force par une équipe de furets aux gros bras, qui s'en étaient allés en ricanant et plaisantant de vive voix.

— "Debout, vermine ! Dit-il en tapant dans une masse informe qui se trouvait couchée contre une parois. Qui est le chef, ici ?"

La masse roula dans un mouvement gélatineux. C'était un humain, la cinquantaine bien tassée, le visage boursouflé de ride et orné d'un nez aussi rouge qu'énorme.

— "ET LA VIGNE DES COTEAUX D'ARBOTH-EUH ! ET LA VIGNE QU'ELLE ETAIT ROUGE, QU'ELLE ETAIT BONNE-EUH ! AH QUE J'EN REPRENDRAI BIEN UN PEU !"


L'homme beuglait plus qu'il ne chantait, il était clairement saoul.

— "oh non, vous l'avez réveillé..." se plaignit un autre vieux dans le coin opposé. Lui était un juste et son visage était mangé par une barbe qui descendait jusqu'à ses genoux.


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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Lun 21 Sep 2015, 9:09 pm

La fuite. Les bottes. Javee. La rage. La chute. Le noir. Les ombres. Menaçantes. Le froid de la pierre humide.

Lorsque Scylla émergea difficilement de son état, un mal de crâne fulgurant l'acceuillit. D'instinct, la Smilly porta la main à sa tempe, et la retira aussi tôt tant la douleur était désagréable. Avec la douleur, les souvenirs revinrent plus précisément et la voleuse jura silencieusement vers Javee. Quand on était pas foutu de faire son boulot de chaperon correctement, on trouvait une autre occupation et on arrêtait de gêner les honnêtes voleurs, abruti... Le coup de sang raviva la douleur.

Scylla était au trou. Inutile de faire le tour des lieux pour s'en rendre compte. Une prison minable et des Furets ? Elle devait être dans les sous sols du cercle de Justice. Ce qui voulait dire que les autres prisonniers autour d'elle étaient principalement des immigrants. Elle ne voyait pas les Furets aller tenter de se frotter aux gangs du nord. Ils étaient trop couards pour cela. Et ça voulait dire que la plupart de ses voisins seraient de bonne compagnie. Au moins cela faisait un problême de moins à régler...

Lorsque le musculeux Draconide fit son apparition, balancé sans ménagements par deux assommeurs du Cercle, Scylla révisa son jugement. Lorsque son premier geste fut d'aller donner du pied dans le premier prisonnier passé, elle se dit que ça n'annonçait rien de bon. Et puis elle comprit. Et puis elle décida qu'elle s'en fichait. Le pouvoir dans un endroit aussi exigu ne l’intéressais pas.

Se levant, elle tâta ses vêtements pour voir ce qui lui restait. Évidemment rien, quand il s'agissait de fouilles, les Furets faisaient de l'admirable travail. Elle frissonna à la pensée de paumes suantes passant sous ses vêtements mais le mal était fait et elle avait été inconsciente pendant l'épreuve, ce qui était d'un tordu soulagement. Sans faire attention au Draconide, elle décida d'inspecter les lieux, en détail.

La salle était petite et sans fenêtres extérieures. Pas de lumière au dessus, cela voulait dire que la liberté ne serais pas forcément par là. La voleuse décida de s'avancer vers la porte pour scruter l'extérieur.

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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Ven 02 Oct 2015, 2:41 pm

Le colosse d'écaille ordonna aux vieux soûlard de se taire, mais rien ne pu y faire, ce dernier continuait de faire tonner la cellule de son chant dissonant. Rapidement, le Draconide finit par lâcher prise et alla s'intéresser aux barreaux de la cellule. De ses poignes carapaçonées, il vérifia la solidité de la grille. Les barreaux tremblèrent, la chaux et le gravier qui les scellaient tremblèrent un peu, mais tinrent tout de même bon.

De son coté, Scylla faisait le tour de la pièce. Les murs avaient été plutôt mal faits ; des fissures lézardaient le ciment entre les grosses pierres noires de saletés. Ici et là, elle voyait quelques mots et grossièretés gravés avec imprécision.

Assez vite, elle dérangea quelques rats qui traînaient par là. Ils détalèrent se cacher sous les couchettes misérables, plus des tas de fougères moisies qu'autre choses. Le sol était poussiéreux et inégal, jonché de mèches de cheveux, de boutons d'habits et autres cochonneries. Il y avait même une vieille sandale qui reposait dans un coin, en plus de la pile de bols crasseux qui s'entassaient contre la porte de la grille.

La bouche qui ouvrait le plafond était bien trop haute pour qu'Aspeline puisse l'atteindre, malgré sa détente. Elle avait l'impression d'y entendre des résidus d'échos mais le vacarme du vieux mendiant ne lui permettait pas d'en être certaine.


Quelques temps passèrent ainsi avant que du bruit survienne de nouveau de l'autre coté des barreaux. Des ombres dansantes, des protestations, des bruits de pas, nombreux. Bientôt, les prisonniers purent voir ce qui se passait.

Des Furets aux visages inconnus arrivaient avec de nouvelles prises. Cette fois, ils étaient trois. Très vite, ils furent poussés dans la cellule, avec le même ménagement qu'auparavant.

Il y avait un autre Draconide, aux écailles de couleurs rouilles et aux ailes rose saumon. Nettement plus petit que son comparse, il avait aussi un visage plus fier.

Derrière, un Juste jeune et très élancé était poussé sans aucune délicatesse. Il avait un visage mate encadrée par des cheveux bruns et mi-longs. Ses yeux brûlaient d'une braise sombre.

Enfin, un autre Juste un peu plus vieux et à la carrure plus étoffée fermait la marche forcée. Des cheveux et une barbe de trois jours grisonnants encadraient son visage à peine plus sombre. Une large cicatrice lacérait son cou.


La porte se referma avec fracas, deux tours de clés furent passés dans l'imposant cadenas, et les Furets s'en allèrent, ricanants comme à leur habitude.


— "Ouvrez ! Ouvrez par Yahla ! C'est un malentendu ! J'ai ma femme et mes fils à nourrir dehors, ouvrez !" Hurla le dernier Juste rentré, agripant avec énergie les barreaux.

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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Sam 03 Oct 2015, 2:08 am

Scylla avait vérifié le couloir, et elle n'aimait pas ce qu'elle avait ressenti. Celui ci était long et froid, entouré d'autres cellules similaires. S'il y avait une porte, elle était lointaine et hors de vue, et il y avait beaucoup trop de visibilités dans le couloir pour sortir par là, en tout cas sans armes.

Aussi était elle restée près de la grille, tentant de profiter de la lumière pour déterminer à quelle vitesse elle aurait pu ouvrir le cadenas. Il était lourd évidemment, renforcé. Mais avec ses très fins doigts écailleux, elle aurait peut être la capacité de faire suffisamment pression sur la clanche pour faire un tour à la serrure. Elle s'appretait à essayer lorsque des bruits lointains de pas se firent entendre. Scylla se renfonça dans le mur et écouta attentivement.

C'était peine perdue. Ils étaient plus ou moins dix, et marchaient tous de manière décousue, impossible de déterminer une distance avec ça. Poussant un soupir, elle croisa les bras, regardant ses autres camarades de cellules, prostrés chacun dans un coin, le draconide tout autant que les autres. C'était étrange quand même comment les cachots avaient cette sournoise habitude de plomber le moral des gens. Les bruits de pas approchèrent et ralentirent, et une botte noire entra dans la périphérie de sa vision. Suivi d'autres, de différentes couleurs. Oh ? Un cousin et deux frères ? Entourés de gardes ? C'était le jour des quotas pour les assommeurs ? La femme serpent espera un moment que c'était pour une autre cellule.

Elle soupira quand la pogne infâme du Furet de tête vint tâter la serrure. Malgré son aversion à l'idée d'avoir encore plus de camarades de cellules, elle détailla tout le geste du geôlier. Ses yeux n'en lâchèrent pas une miette. Elle détailla le contour de la clé, elle nota les deux tours. Elle aurait du mal à craquer cette serrure sans outils. Ce n'était pas impossible, mais ça prendrait du temps, un temps qu'elle n'avait pas envie de prendre dans l'immédiat.

Ceci étant, trois hommes de plus, rien que pour elle ? Il ne fallait pas ! Elle ne saurait plus où donner de la tête, voyons. N'ayant rien de mieux à faire, elle décida de reporter son regard sur ses joyeux nouveaux compagnons de cellules. Le Draconide donc, aux écailles magnifiques de couleurs automnes, avait la tête haute et l'oeil fier. La Smilly esquissa une grimace. Encore un qui allait tenter de commander. Elle reporta ses yeux sur la rougeur sombre et menaçante des yeux de son compagnon et apprécia d'avantage les tons particuliers de sa personne. Le juste n'était pas musculeux donc certainement moins si inutilement guerrier. Du moins l'espérait elle.

Et le dernier... Oh papy... Lui, semblait tellement innocent avec son jeu du petit Juste frappé par le mauvais sort. Il agrippait les barreaux, hurlait à qui voulait l'entendre que c'était un malentendu ! C'en était presque attendrissant. Mais quelque soit la vérité, il dérangeait d'autant plus l'écoute de Scylla. Aussi s'approcha-t-elle, sinueuse et vint coller son dos contre les barreaux, à moins d'un mètre du vieux Juste. Une fois son attention captée, elle siffla gentiment :

"Préserve ta gorge, frère. Cela n'en vaux pas la peine. Pour ces pourceaux, innocent ou coupable, tu es en leur pouvoir. Et le leur rappeler par tes cris leur fait frétiller le bas ventre. Profite plutôt du calme pour te reposer. Ici, le silence est notre allié."

Également, plus loin de la porte et moins bruyant sera-t-il, plus Scylla pourra déterminer les chances potentielles de se sortir de ce piège. Car elle ne se faisait pas d'illusions. Ses papiers étaient peut être envolés, mais elle avait sur sa main un signe bien plus permanent de son identité. Le genre d'identité qui fait passer une éventuelle libération pour une punition bien pire que la mort.

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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Dim 04 Oct 2015, 10:49 pm

Scylla - Vigilance : 20

Scylla était toute proche de la porte lorsque le double tour referma le cadenas. Personne ne faisait attention à la voleuse, les Furets étaient bien trop occupés à surveiller les gestes du colosse Draconide non loin d'elle.
Le cadenas était gros mais piqué de rouille. La clé qui l'ouvrait était dans le même état. A tête rectangulaire et grossière, elle avait tournée en déclenchant une suite de "tic" et de "toc" qu'Aspeline reconnaissait bien. Elle savait comment forcer ce type de dispositif.

Lorsqu'elle parla au Juste qui se lamentait, celui-ci lui décocha un regard dur.

— "Ma femme doit être morte d'inquiétude. Si je ne suis pas là, qui nourrira nos filles ? Il faut sortir d'ici, et vite." Aussitôt dit, il entreprit de faire le travail que Scylla venait exactement de faire.

Les autres détenus, eux, n'eurent pas de réelle réaction. Le Juste jeune long comme une asperge s'époussetait les bras, il avait l'air d'avoir ramassé pas mal de poussière. Le troisième Juste, celui à la barbe tentaculaire reporta tristement son attention sur son grattage de sol au cure dent.

L'alcoolique rota en manquant de s'étouffer et se ramassa en boule comme il était avant d'être réveillé. L'énorme Draconide, lui, serra les dents en observant chacun de ses nouveaux compagnons de cellule, comme pour jauger leur utilité.

L'autre Draconide, enfin, s'approcha de Scylla. Ses écailles saumon rougeoyaient à la lueur de la torche de l'autre coté de la grille. Il pris un visage amical, voir même amusé, et lui adressa la parole, en parlant assez fort pour que ses autres compagnons entendent également :

— "Je suis Kharas Gorlank, marchand d'arts venu d'une petite ville de la Vaera. Nous avons fort à gagner à collaborer, à moins que vous observiez la salle pour envisager l'emplacement de vos meubles. Vous êtes ici depuis plus longtemps que nous, avez-vous des informations sur les raisons des furets où bien une vague connaissance des issues de ce lieu ?"

Draconide — baratin : 76
Scylla — Volonté : 39


Malgré le ton assuré de sa voix, Scylla senti que quelque chose clochait. Ce nom était sorti d'une manière étrange de la gueule du Draconide.


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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Lun 05 Oct 2015, 6:25 pm

La réponse du Juste n'étonna pas vraiment Scylla. Elle comprenait la situation, et compatissait même un tout petit peu. Au moins, son intervention avait eu le mérite de le faire baisser d'un ton, ce qui lui permettait de mieux apprécier les sons distants. Elle aurait bien voulu s'approcher de la serrure, mais c'était peine perdue dans l'immédiat, le Juste ne s'étant pas déplacé pour commencer ses recherches d'évasions.

Blasée, la femme serpent leva les yeux vers la voute, et l'ouverture ronde montant vers le néant. C'était bête quand même, elle n'était pas si haute que ça cette ouverture, et Scylla avait largement suffisamment de dextérité pour tenter l'ascension. Il lui faudrait juste quelque chose pour pouvoir se propulser là haut.

Plongée dans ses réflexions, elle remarqua la silhouette saumon du nouveau Draconide s'approcher d'elle. D'une voix puissante il commença à parler. Scylla écarquilla légèrement les yeux à sa présentation. Et puis elle compris et un grand sourire doucement sardonique vint illuminer son visage.

"Enchantée, Kharas Gorlank, je me nomme Sarah Lankor, et je suis acrobate dans une petite troupe de saltimbanques. Ce que nous veulent les Furets, je n'en ai aucune idée, vu que je me suis faite avoir par surprise. Si je devais donner mon avis, je dirais que ça à a voir avec la très faible proportion d'humains parmi nous."

Scylla tenta le sourire entendu, puis redevint sérieuse.

"C'est ma première fois ici, et je n'ai aucune envie de rester très longtemps dans le coin. Les temps sont durs pour ma troupe et j'aimerais autant aider à l'extérieur qu'être une charge supplémentaire pour nos faibles moyens. Coopérons donc ! Kharas Gorlank, ou quelque soit ton nom, j'ai une tâche pour toi. Penses tu que toi et tes camarades pourrez m'aider à atteindre cette magnifique porte vers le néant ?"

Scylla leva les yeux et l'index au ciel, vers la voute, vers le soupirail.

"J'aurais besoin d'un propulseur, et d'un attrapeur, au cas où le mur serais plus glissant que prévu. Tu penses que c'est possible ?"

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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Mer 14 Oct 2015, 12:07 am

Le Draconide jeta un regard circulaire dans la sale, son regard s'arrêta sur le Juste marchand qui détaillait chaque recoin de la grille. Il s'approcha du vieil homme et lui adressa d'un ton respectueux et compatissant :

— " Excusez-moi cher confrère ? Vous avez entendu nos derniers échanges. Nous ne partirons pas d'ici en cherchant chacun notre propre issue, il faut œuvrer de concert. Nous avons une stratégie simple à laquelle vous pouvez participer. J'aimerais que vous vous assuriez que Mme. Lankor ne se blesse pas si elle venait à trébucher, pensez-vous pouvoir nous aider dans cette entreprise ? "

Le marchand observa Scylla, comme si il la jaugeait puis acquiesça en silence.

Le prétendu marchand d'art jeta un regard à Aspeline puis apostropha son semblable, l'énorme écaillé aux épaules de bœuf :

— " Nous avons besoin de bras fort pour mettre le plan à l’œuvre. Vous avez bien entendu ? Cette dame doit atteindre cette issue. Et vous semblez être le meilleur candidat ici. "

L'intéressé roula des muscles et émit un grognement qui pouvait passer pour un "oui".

Kharas Gorlank ou qui qu'il fut se retourna vers Aspeline et lui dit d'un ton curieux et innocent :

— " Que ferez-vous une fois dans cette cavité Sarah ? Comment allons-nous hisser nos compagnons de cellule si vous l'atteignez ? Nous n'avons pas de corde. "

A ce même moment, le plus jeune des justes, le grand brun fin comme un oiseau, s'invita dans le cercle des parleurs.

— "Je peux aussi aider."

Il tendit une main vers eux.

Moi c'est Keridam."
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MessageSujet: Re: Scylla 1 - 1 : L'oiseau quitte son nid   Mer 14 Oct 2015, 1:08 am

Lorsque la voleuse eut reçu l’assentiment du saumon draconide, elle vint se positionner au milieu de la salle. Elle fut surprise de voir l'autre draconide donner son assentiment, mais en soi avec des muscles pareils, c'etait une bonne chose.

Celui ci s'approcha au milieu de la salle et lui fit face. Il était encore plus impressionnant de prés. Bien malgré elle, Scylla eut ses yeux qui coururent le long de ses bras saillants. Elle n'aimait pas être aussi proche d'une brute aussi épaisse, bien que le silence sois un plus très agréable comparé à son cousin palabreur. Déglutissante, elle repris contenance et lui indiqua par quelques gestes comment se positionner, comment l'aider à monter et surtout comment la tenir. Il avait l'air de comprendre, malgré son visage pour l'instant peu expressif.

Ce fut le moment que choisis Gorlank pour venir lui poser quelques innocentes questions. Scylla le regarda du coin de l'oeil quelques secondes avant de répondre, ce qui laissa le temps au dernier Juste pour se présenter. Elle décida de répondre au Draconide en premier :

"Très honnêtement, je n'en ai aucune idée, Kharas Gorlank."


Avant de lancer un regard amical au jeune Juste :

"Enchantée. Je veux bien que tu assures mes arrières."

Ces formalités faites, elle croisa les yeux du Draconide et grimpa agilement sur ses épaules, en prenant bien soin d'éviter les protubérances osseuses de son crâne. Une fois fermement tenue par les chevilles, elle commença à étudier la grille de bois pourri, dans l'ambition de la briser d'un bon coup d'épaule.

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