AccueilAccès au siteRechercherMembresGroupesConnexionS'enregistrer
Partagez | 
 

 3 - Kepesk : Nature, la Passagère

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Lun 8 Aoû - 16:07

3 : Nature, la Passagère.



Le jeune acolyte indiqua en silence à Kepesk de le suivre, l'entrainant loin de Dagon et de Solwen, vers une plateforme de prière, à peine rendue plus confortable par une peau de bête et un peu de paille. le Capitaine pouvait voir plusieurs autres aspirants autour de lui, tous arborant cette marque de vague sur le front. Manifestement chaque facette avait son propre emplacement dans la vaste salle circulaire. Kepesk remarqua un cinquième emplacement totalement dénué d'aspirant mais il était difficile de déterminer ce qu'il représentait.

"Veuillez prendre place, et vous installer le plus confortablement possible. Je vais devoir prendre avec moi tout vos objets personnels, que j'entreposerais juste contre le mur, là bas."

Indiqua aimablement le jeune acolyte, en désignant un pilier à quelques mètres de Kepesk.

"Ca n'a pas encore commencé mais l'épreuve peut vraiment vous agiter, c'est pour éviter que vous ne vous blessiez dans votre sommeil."

Le jeune acolyte faisait tout son possible pour être rassurant, ce qui était plutôt compliqué quand on regardait la salle. Sans compter l'éclat des armures cachées dans la pénombre des piliers, la pénombre elle même semblait vouloir prendre possession des lieux et des esprits.

"Lorsque vous serez installé, vous devrez boire un bol de mon outre. Ce breuvage vous aidera à communier avec Nature."


L'acolyte indiqua sa personne, ou une outre était accrochée, ainsi que plusieurs petits bols. Ces petits bols trainaient auprès de toute les personnes endormies.


Dernière édition par Smil (MJ) le Sam 15 Oct - 21:56, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Lun 8 Aoû - 18:31

Le silence était d’ordre maintenant qu’il était si près de la Voix d’Ondine. Il n’y avait pas seulement la Voix qui imposait le respect, mais il semblait y avoir aussi des Guides présent aussi qui regardaient leur aspirant. C’était le cas de Tol-Guun. Il y avait quelque chose dans les yeux de ce dernier qui intriguait un peu Kepesk, mais il ne pouvait se permettre de trop pensez à des choses négatives … il devait rester centrer sur lui-même et sur son mental.
 
Avec un petit sourire de fierté en voyant la Voix parlé à Solwen et à Dagon, il senti son cœur battre plus rapidement lorsque vint son tour et lorsque Dagon le présenta à la Voix. Il savait que cela passait ou cela cassait. Il s’approcha ainsi de Cei Cellino lorsqu’on lui fit signe de s’approcher et, comme on lui avait enseigner, il regarda l’homme devant lui. C’était un moment historique pour Kepesk et il ne désirait que faire bonne impression. L’épreuve allait être quelque chose bien sûr, mais le personnage qu’il avait devant lui valait déjà beaucoup le chemin qu’il avait fait.
 
Sa nervosité retomba lorsque la Voix annonça qu’il avait bien le don en lui. Il allait avoir le droit de passer l’épreuve pour que ce don s’éveille en lui. Il aurait pu complètement ignoré tout ce que la Voix lui dit par la suite, mais il savait que ce ne serait pas une partie de plaisir et il avait besoin de tous les conseils indirects que l’on pourrait lui donner. Ainsi, droit et solennel, il écouta les paroles de Cei Cellino et les grava dans sa mémoire. En ce moment, les regards inquiets de Tol-Guun et les créatures qu’il avait aperçues semblaient bien loin dans ses souvenirs.
 
Lorsque la Voix lui indiqua qu’il pouvait rejoindre les autres aspirants, il inclina la tête avec respect et de dirigea à la droite de Dagon. Il était honoré d’être parmi eux ce soir et il espérait sincèrement qu’ils les reverraient tous après l’épreuve. Puis, ils pénétrèrent dans la chambre qu’il détailla tranquillement. Rien d’extravagant, mais il comprit que l’épreuve se déroulerait individuellement et d’une façon onirique. Il remarqua les hommes d’arme qui tentait de se dissimuler, mais cela ne l’inquiéta pas. Que pouvait-il arriver après tout durant l’épreuve … seul Nature le savait.
 
Avant de suivre l’acolyte qui l’escortait vers une des sections de la pièce, il salua une dernière fois les deux aspirants rapidement d’un signe de tête et puis, s’enferma dans sa bulle, dans son monde. Le moment était à la concentration. Il le suivit comme si Kepesk était sur un mode automatique et il ne porta guère attention aux autres aspirants qu’il y avait dans cette section de la chambre. Ce n’était pas eux, ni son environnement immédiat qui allait réussir l’épreuve, c’est lui.
 
Il fut un peu étonné qu’on lui demande d’enlever ses effets personnels. Il ne s’attendait pas à cela, mais s’obstiner avec l’acolyte ne servirait à rien. Ainsi, il commença à détacher son ceinturon pour déposer son sabre prêt du pilier. Enlevant le manteau de fourrure et le trench-coat de corsaire, il commença à enlever son armure. C’était étrange de partir dans une épreuve en portant si peu … mais quand c’est l’esprit qui voyage, les biens matériels sont sûrement inutile. Dans un petit soupir pour s’encourager, il déposa l’armure prêt de son arme. Se sentait assez confortable, il ne garda que le trench-coat et ses vêtements de voyage sur lui. Il n’avait pas demandé d’être nu après tout.
 
Quelques questions sur ce qui se passerait s’il échouait l’épreuve attaquèrent son esprit durant un instant. Outre Mathias, et seul Nature pouvait savoir où se trouvait-il en ce moment, il n’y avait personne qui pourrait récupérer son corps. Enfin … il ne devait pas pensée à ça. Il avait confiance en Cei Cellino qu’il trouverait un moyen qui plairait au draconide. Avant de s’asseoir sur la dalle de pierre, il lança un dernier regard aux hommes d’arme qui restaient dans l’ombre. Quel pouvait être leur réel rôle ici … Enfin, il n’était pas le moment de poser la question.
 
Il prit de profonde inspiration et laissa l’anxiété se déversé hors de lui. Il avait vécu beaucoup d’épreuve et il réussirait à passer celle-ci. Il se tourna ainsi vers l’acolyte qui l’attendait patiemment après avoir pris place.
 

« Je suis prêt. » 

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Mar 9 Aoû - 16:19

L'acolyte guida Kepesk, triant ses affaires, les mettant à l'écart, avant de lui servir le breuvage, indiquant bien qu'il devait vider le bol jusqu'à la dernière goutte. Le breuvage était plutôt intéressant, car même si le breuvage avait cette impression sirupeuse de sève d'arbre, beaucoup d'herbes le composaient et lui donnaient un goût épicé presque similaire avec les vins épicés prisés dans les cités Dragonnes. Il était puissant, et Kepesk le senti immédiatement agir, alors qu'il descendait dans son œsophage. C'était comme si toute la salle s'était magiquement mise à tourner lentement sur elle même, l'absorbant petit à petit. Il senti à peine l'acolyte le guider en position couché avant de sombrer dans une torpeur puissante et noire comme la nuit.

Kepesk, se senti léger, flottant comme un esprit, il sorti de son corps, s'approchant de la noirceur de la pénombre. Elle l'acceuilli comme un océan acceuille le plongeur, avec ce changement de perception totale, alors que le Capitaine se senti sombrer dans la nuit. Plus il coulait, plus la lumière se tamisait, plus il sentait l'étrangeté de l'endroit. Il ne respirait pas, et chacun de ses sens s'atténués, chacun à son tour réduit à néant par l'extraordinaire viscosité de l'océan de nuit. Il sentait sa conscience se déliter, ses souvenirs se confondre. Il sombra ainsi quelques minutes, aveugle, sourd, muet, sans sensations, sans gout, sans odeurs. Rien, le néant. Peut être était il mort ?

Puis une lueur dans l'océan. Puis deux, puis trois, un étrange rire alors qu'une silhouette étrange, entre le poisson, le dragon et l'humain s'avança, suivi par deux autres. Ses traits, illuminés par un petit tentacule frontal, étaient étrangement féminins, beau dans leur exotisme. Leur corps était long, effilé, recouvert d'écailles brillant dans les lueurs sous marines, dévoilant des formes nues envoutantes, encourageant à l’érotisme. Elles se propulsaient grâce à une longue queue, faisant facilement quatre fois leur torse, qui ondulaient avec une extrême facilité dans ces profondeurs, alors que Kepesk ne se mouvaient qu'à peine, bloqué par une pression impossible. Elles l'entourèrent vite, nageant autour de lui comme des requins autour d'un naufragé. Elles s'approchaient, fuyaient à nouveau, le frôlaient, leurs rires sonnaient en écho mouillé dans ses oreilles.

Elles l’entourèrent subitement, dansant presque à sa portée. L'une des créatures, enhardies par ses comparses s'entortilla autour du capitaine, lui bloquant les pieds et les bras, sa poitrine frôlant la sienne. La créature gloussa à ce contact, tout en attrapant de ses deux bras la tête du Draconide. Son sourire s'ouvrit, dévoilant un ensemble de dents pointues acérées comme des rasoirs. Avec brutalité, elle l'embrassa, et le capitaine senti le reste de son esprit se faire aspirer de nouveau.

Ses yeux s'ouvrirent brutalement, comme s'il sortait d'un cauchemar. Au dessus de lui, un ciel noir et engloutis par les étoiles. Kepesk était couché, baignant dans une vingtaine de centimètres d'eau salée, faisant comme un immense miroir à la voute céleste, à perte de vue, de tout les cotés. Il était seul dans cette immensité.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Mar 9 Aoû - 19:49

Quand il faut y aller, il faut y aller ! Ce n’était pas le temps de se poser des questions sur la composition du breuvage et sans faire ni un ni deux, il but le breuvage comme un véritable corsaire : cul-sec ! Le goût n’était pas désagréable, mais tout simplement étrange. De vieux souvenirs de son enfance aurait pu remonter en lui, mais les effets du breuvage se firent sentir assez rapidement et le Capitaine commença à virevolter et puis à couler. Il était clair qu’il n’avait pu le contrôle sur la situation. Perdre ses sens était plus ou moins agréable, même un peu paniquant, mais se rendant bien compte qu’il n’y avait rien à faire, il ferma tout simplement les yeux et fit confiance en son avenir … en son destin.
 
Combien de temps c’était-il passé depuis qu’il avait sombré dans cette immense étendue ? Des minutes, des heures, des jours ? Il ne se sentait pas mal, mais il fut ramené à des pensées plus sérieuses lorsque des lumières commencèrent à faire leur apparition. Il aurait aimé nager vers ses lumières, mais pour le moment, son corps ne lui obéissait pas. Il attendit donc. La lumière au bout du tunnel ? Ce n’était pas un endroit à visiter … Finalement, des formes firent leur apparition … et pas n’importe lesquels non plus!
 
(C’est bien Aroan qui voudrait être à ma place…)
 
Il ne faisait aucun doute que les créatures étaient des créatures magnifiques. Il avait beau tenter de réfléchir s’il avait déjà entendu le nom de ses créatures, aucun nom ne lui vint en tête. Il aurait aimé les toucher et leur parler, mais encore là, son corps ne semblait pas vouloir lui obéir. Ce n’était vraiment pas agréable, mais même si elle semblait lui tourner un peu trop autour, elle ne semblait pas agressive. Il était encore en vie, si l’on pouvait définir son état comme en vie, après quelques instants qu’elles lui tournaient autour. Autant profiter du spectacle et les étudier un peu …
 
Il sursauta, il en était certain, lorsque les créatures commencèrent à l’entortiller et qu’il soit incapable de faire quoique ce soit. Avait-il déjà raté quelque chose dans l’épreuve et c’était la fin ? Cette petite pensée redoubla lorsqu’il remarqua les dents acérées de sa partenaire. Ou bien peut-être pourrait-il respirer sous l’eau ? Peut-être deviendrait-il une créature aquatique à son tour ? Tant de question qui ne trouverait pas de réponse puisqu’il se senti aspirer de nouveau vers quelque part d’autre …
 
… et il se réveilla … à quelque part. Il remarqua tout de suite qu’il avait repris le contrôle de son corps et que visiblement, les créatures aquatiques sensuelles n’étaient plus là. Une bonne chose ? Était-ce elle qui l’avait amené ici ? Il regarda à gauche, à droite et puis au-dessus. C’était un ciel magnifique. Aucune tempête, un millier d’étoile à perte de vue … et aussi un océan à perte de vue. C’était assurément un océan ou une mer en raison de l’eau salée. L’important, c’était qu’il pouvait agir à sa guise ... mais pour faire quoi ? Aucun repère à l’horizon matelot …  
 
Cette petite pensée lui fit un choc électrique. Les étoiles ! Il ne savait pas s’il les reconnaitrait, mais il fallait bien essayer. Il n’avait pas les outils qu’il avait sur l’Odysseus, mais il avait souvent étudié les étoiles pour la Navigation … il trouverait bien. Le hic maintenant, c’était de savoir vers où il voulait aller. Sans aucune espèce d’idée où il était, il devait faire confiance à son instinct. Fermant les yeux, il prit de grande inspiration : il voulait sentir le vent et les mouvements marins sur son corps. Il voulait que son esprit lui dicte où aller. Quelques instant plus tard, la décision s’imposa dans son esprit : vers le sud-est.
 
Pour remettre son corps à l’état actif, il fit quelque pas pour se dégourdir les jambes. S’il avait de l’eau jusqu’aux chevilles ici, il devait espérer que c’était pareil partout. Tout en cherchant une étoile qui pourraient lui indiquer son chemin, une pensée lui vint à l’esprit concernant ce qu’il lui était arrivé autre fois.
 
(Et si c’était ces mêmes créatures qui m’ont sauvé et qui m’ont ramené sur la côte d’Hiloroth lorsque nous sommes revenus de l’île. Je ne me rappel même pas d’avoir quitté l’île alors … Si je me rappelle ce qu’a dit Celui-qui-Voit, il a vu que l’Odysseus était dans une mauvaise posture alors il se pourrait que je sois tombé par-dessus bord. Se pourrait-il que ses créatures m’aient rescapé et mon ramener au rivage sain et sauf … Un jour je saurai …)
 
Il était maintenant important de trouver une étoile qui lui indiquerait la bonne direction à suivre … ou toute indication qui lui indiquerait un chemin.
 

« Ondine, Reine des Océans, permet à ton humble serviteur de marcher au sein de ton royaume. »

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Mer 10 Aoû - 21:21

Jet de dés:
 

La voute celeste laissa le Draconide perplexe pendant quelques minutes. L'angle surtout, lui était tellement étrange, les constellations à l'horizon tellement éloignées de ce qu'il connaissait. Finalement, il compris son erreur et retrouva ses repères. Mais le résultat était totalement contradictoire.

Les constellations qu'il connaissaient étaient décalées de près de 180° dans leur axe, à peine visible sur l'horizon autour de lui. Et si ses calculs étaient exacts, cela le positionnait quasi de l'autre coté d'Arathiel ?! Comment cela pouvait il être possible ? Est ce que la face cachée du monde était plate ? Juste recouverte d'une eau aussi plate qu'un immense miroir ?

Le draconide s'enfonçait doucement dans le sol et devait constamment piétiner pour garder l'équilibre. Un rapide examen lui permis de déterminer que le sol était constitué d'un sable sombre, presque noir, totalement régulier. Il était ancien, sans aucune trace de vie marine à l’intérieur. L'endroit était silencieux, à l'extrême. Le moindre mouvement de Kepesk faisant un bruit fort et brutal, sans qu'aucun écho ne lui revienne, brouillant le miroir parfait de ses ondes. Il était seul dans cette immensité.

Au moins savait il où était le nord.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Jeu 11 Aoû - 1:33

Bon … Il y avait un constat à faire : la situation était étrange … vraiment étrange !  Il reconnaissait sans problème, enfin presque sans problème, les différentes étoiles et constellations qu’il y avait dans le ciel, mais leur alignement n’était tout simplement pas normal. Pas normal au point que ça pouvait presque donner mal à la tête au Capitaine de l’Odysseus. Il avait beau retourner la situation sous différent angle, il n’était tout simplement pas capable de donner une explication logique.
 
Dans un soupir, il abandonna l’idée de donner un sens logique et accepta la seule explication illogique qui pouvait peut-être donner un sens : tout était à l’envers. C’était sa position géographique ou autre chose qui causait cette situation … il ne le savait pas trop mais en même temps, c’était troublant de vouloir trouver une réponse à tout prix. Il ne devait pas oublier que le corps qu’il avait ici n’était pas totalement réel. Oh bien sûr, il se doutait que si quelque chose de grave … comme mourir … lui arrivait ici, il y aurait sûrement des répercussions sur son corps physique, mais au final, son vrai corps reposait dans la salle de méditation.
 
Après avoir observé son environnement une nouvelle fois, il prit une grande respiration et leva une dernière fois le regard pour observer les « étoiles à l’envers » qui lui donnerait le nord. C’était la direction la plus facile à déterminer en général. Après quelques calculs inversés, il trouva la bonne direction. Maintenant le sud-est … Il leva ses deux bras vers le nord. S’il voulait aller vers le sud-est, il devait bouger son bras dans les environs de 135 degré. Bon, il était bien conscient qu’il n’aurait jamais le degré à la perfection, mais au moins il serait dans le sens qu’il voulait.
 
Ainsi, il bougea son bras droit dans un angle qu’il avait de besoin et tourna alors la tête. Il ne s’attendait pas à voir un signe, mais au fond de lui, il était confiant. Il allait là où il sentait qu’il devait aller. Il retourna finalement la totalité de son corps et commença à marcher … en faisant la grimace lors de ses premiers pas. Le bruit était tout sauf discret et cela l’empêcherait peut-être de courir si le besoin se faisait sentir. Enfin bon, il n’aurait pas le choix d’être sur ses gardes un peu.
 
« Par avant Capitaine ! »
 

De temps en temps, il regarderait la constellation qui lui avait donné le nord pour s’assurer qu’il ne changeait pas trop de cap, mais ce qui était important, c’était d’avancer et d’affronter cette épreuve sous la forme qu’elle voudrait bien se présenter à lui.

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Ven 12 Aoû - 13:24


Cela paraissait plusieurs heures maintenant que Kepesk marchait dans ces territoires inconnus. L'eau, bien que peu haute, commençait déjà à rogner, progressivement, sur son endurance, ses pas ses faisant à peine plus lourds, à peine plus lent, ralentissant le corps, endormant l'esprit. Plusieurs fois il trébucha, son pied se prenant dans une motte de sable noir, son habit léger se gorgeant d'une eau de mer froide et ensablée, chaque chute le faisant grogner d'avantage. Le panorama alentour restait aussi égal, aussi abominablement monotone, Kepesk étant prisonnier de cette mer d’étoiles impossible, ses talents de navigateur à peine suffisant pour réellement savoir où il se dirigeait. Se dirigeait il quelque part de toute manière ?

Une lueur sembla apparaitre au loin. Faible, à peine perceptive, elle ressemblait à une étoile qui clignotait. A mesure qu'elle approchait, Kepesk pu remarquer une immense ombre qui la suivait. C'était grand, très grand. Quelques minutes plus tard, et sa forme se dessina d'avantage, une proue, un gréement, un navire. Plusieurs lumières se firent voir, lampe-tempêtes battant mollement dans un vent quasi inexistant. Le navire approchait, dans une direction à peu près parallèle à celle du capitaine. Ils passeraient proches l'un de l'autre.

Le navire approchait à une allure réduite, et Kepesk put voir ses détails apparaitre au fur et à mesure. Il connaissait ce type de vaisseau, pour avoir officier dessus. Ses yeux furent attirés par un détail à la proue. Elle lui était étrangement familière. Bien trop familière !

L'Odysseus naviguait docilement vers le capitaine, en tout point égal à ses souvenirs. Sa masse imposante commençait à se faire sentir alors que le navire passait doucement à une petite dizaine de mètres du capitaine. A cette distance, il entendit les bruits de son équipage, ainsi que du guetteur, qui fit sonner la trille classique d'alerte de passage. Quelques membres d'équipages se penchèrent par dessus les bastingages, certains écarquillant les yeux devant le spectacle du Draconide debout dans la flotte. Kepesk y reconnu l'officier supérieur en charge de la garde du vaisseau. Celui ci appela, à son attention :

"Ahoy Draconide ! Qu'êtes vous donc !? Des semaines dans ces contrées étranges et vous êtes le premier signe de vie que nous rencontrons dans cette mer d'étoile ! Z'étes pas une apparition au moins !?""Ahoy Capitaine ! Où étiez vous passés !? Des semaines que l'on vous cherche sur les bords de cette foutue ile et on commençais à croire que vous étiez mort ! Z'étes bien vivant, hein ?"

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Ven 12 Aoû - 21:45

Okay … il était quelqu’un de réfléchi dans différentes situations … mai s’il y avait une vertu qu’il n’avait pas, c’était tout simplement la patience dans des situations qui devenaient un peu trop absurde. Ce n’est pas qu’il pensait que l’épreuve était absurde, mais il se demandait bien ce qu’Ondine pouvait lui réserve comme épreuve et quand elle arriverait surtout. Il n’était pas pressé, mais la succion de ses bottes commençait à lui peser sur le système. Il ne regrettait pas de voir la mer et l’océan à perte de vue, c’était un magnifique spectacle, mais comme marin, il savait que des eaux trop calmes n’étaient jamais bon signe.
 
Il tentait pour autant de garder son calme. Perdre le moral et commencer à rager n’allait que lui causer des problèmes lorsque les vrais problèmes arriveraient. Il devait rester conscient de son environnement et de tout signe qui pourrait s’avérer positif ou négatif. Il n’était pas dans un beau petit parc où les enfants pouvaient flatter des darbus … il était dans une épreuve psychologique qui lui permettrait d’éveiller un pouvoir qui était dans un état de sommeil. Par Ondine, il avait besoin de toute sa tête s’il ne voulait pas la perdre !
 
C’était en gardant, du moins qu’il le pouvait, ses sens éveillés qu’il remarqua la lumière au loin. Enfin quelque chose ! Il espérait sincèrement que ce n’était pas quelque chose de radicalement hostile, car sans son arme, il n’allait pas faire long feu. Tout en continuant d’avancer vers la source de lumière maintenant, il se remémora les paroles de la Voix d’Ondine sur ce que pouvait considéré l’épreuve de la Vague. Ils se nourrissaient des évènements passés … des expériences vécus. Plus Kepesk et la lumière se rapprochait et plus il se doutait ce qu’il allait voir … et il n’était vraiment pas sûr de sa réaction.  
 
Lorsqu’il fut certain de reconnaître le Kalilith, l’Odysseus comme lui et l’équipage l’avait rebaptisé, il s’arrêta complètement pour prendre de grande respiration. Son navire … et son équipage à entendre les voix… était juste là … devant lui … en train de naviguer sur des eaux éternelles. Ce n’était pas normal … il le savait, mais seulement le fait de revoir ce magnifique navire naviguer de nouveau était difficile pour lui. Ondine lui avait offert la vision de l’Odysseus qui reposait dans une crique … il ne pouvait être ici en ce moment.
 
Lorsqu’il vit Boredrir l’interpellé, il serra les poings fortement. Il ne devait pas éclater et se répéter que cela faisait partie de l’épreuve. Il l’écouta calmement et plus son bref discours avançait, plus des questions arrivaient dans sa tête. De folles hypothèses qui n’avaient pas de sens … comme les créatures qu’ils avaient vu quelques heures avant … mais il se demandait vraiment si son équipage ne se trouvaient vraiment pas dans … un endroit alternatif … ou quelque chose dans le genre.
 
Et puis … il y avait cette autre voix … Une voix qui l’avait reconnu et une voix qui ne le reconnaissait pas. Une voix qui se croyait toujours autour de l’île et une autre qui savait qu’elle était dans une mer d’étoile. Quoi faire pour répondre. De toute façon, avait-il rêver. Il prit une grande respiration et laisser son esprit vagabonder au fond de lui un bref instant pour trouver … à qui il devait répondre. Il ne devait pas trop attendre … alors il se lança !
 
« Bien le bonsoir à vous !  Je suis un homme de la mer comme vous et je me nomme Kepesk Stormborn. Cela fait plaisir de rencontrer des matelots sur cette mer infini. Un magnifique décor quand on y pense lorsque l’on suit les croyances d’Ondine. Une mer éternelle pour une multitude de découverte. Ensuite de ça, je ne crois pas être une apparition, mais j’espère que vous n’en êtes pas une non plus. Ça ferait du bien de voir des vivants un peu. Vous me donnez l’autorisation de monté à bord ? »
 
Demandant concentration et un peu de folie, le Draconide puisait dans ses croyances pour dire un tout autre discours à son Second. Ne pouvait dire le second discours de vive voix, il tenait simplement à fixer le grand homme devant lui et en pensant très fort à ce qu’il voulait dire à celui qui l’avait reconnu.
 
(Bien le bonsoir Boredrir ! Si tu savais comment cela me fait de revoir l’Odysseus et vous tous. Je suis bien vivant, mais j’espère que vous l’êtes aussi. Depuis que je me suis réveillé, j’essaye de récolter de l’information pour vous retrouver. Mais dit moi, tu vas laisser ton Capitaine les pieds dans la flotte encore longtemps ? Par Ondine, si tu savais comment j’ai hâte de retrouver le pont de l’Odysseus.)
 

Il n’avait aucune idée si le second message se rendrait. Il devait essayer quelque chose. Peut-être que seulement la première partie se rendrait … mais au moins il aurait essayé quelque chose. Ondine était la Passagère … Celle qui permet les voyages sous différents points de vue et l’épreuve était peut-être de ramener les deux visions comme il le fallait … Enfin, Kepesk devait y aller une étape à la fois !

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Lun 15 Aoû - 16:41


Boredrim regardait le Draconide, visiblement interloqué par l'étrangeté de la rencontre. Il se gratta le sourcil, circonspect. Finalement, il répondit :

"Ay ! Je ne vois pas le mal à ce que vous montiez à bord, sire Stormborn. Notre Capitaine sera certainement très intéressé de savoir que nous ne sommes pas les seuls dans cet enfer !""Ay Capitaine ! C'est bon de vous revoir. Où est le reste de l'expédition ? Et qui sont vos deux amis ? Pardon, ça peut attendre. On va vous mettre au sec !"


Quelques sifflements, une échelle de corde fut envoyé par deux matelots, membre eux aussi de l'équipage dont se souvenait Kepesk. Il put monter à bord et fouler le pont.

Autour de lui, sous ses pieds, c'était bien l'Odysseus. Le bateau était fidèle à ses souvenirs, jusqu'aux plus infimes, plus discrets détails. Autour de lui, son équipage, le regardant avec cet oeil circonspect que l'on donne aux étrangers, aux fantômes... En fait il avait déjà eu ce regard, le jour où il avait mis les pieds sur son vaisseau la première fois. Tout ceux qui étaient sur le pont, Kepesk les reconnaissait. Leur visage familier étrangement distants ne le reconnaissait pas.

Boredrir apporta obligeamment un broc d'eau plate. Elle sentait un peu, signe d'une expédition ayant déjà duré un certain temps. A mieux y regarder, certains de son équipage commençaient à avoir cet aspect maigre des matelots sous rations. Le second l'interpella à nouveau, manifestement curieux sur sa présence ici :

"Or donc euh... Kepesk. D'où venez vous comme ça ? Depuis que nous sommes arrivé sur cette étrange mer, depuis le nord, nous avons navigué plein sud, espérant trouver une terre quelconque. Je dois vous avouer, il est vraiment étrange de découvrir un Draconide sous ces longitudes. D'autant plus, marchant sur l'eau. A tout hasard, cela voudrait dire qu'il y a une terre dans ces environs ? Dans quelle direction ?""Or donc euh... Capitaine. Vous nous avez fait très peur vous savez ? Avec les hommes on se demandait si on devait envoyer une seconde expédition vous chercher, mais il n'y aurait plus eu assez d'équipage pour faire naviguer l'Odysseus. Vous avez l'air totalement épuisé, si je peux me permettre. Et vos nouveaux amis ne sont pas dans un meilleur état. Que s'est il passé ? Où sont tout les autres ?"


Il y avait une certaine fascination, doublée de crainte dans son ton. Kepesk pouvait remarquer les regards de l'équipage sur le pont, chacun lui lançant des coups d’œils tout en s'occupant de ses activités. Un hublot, celle de la cabine d'officier, s'était ouverte, attirant l'oeil de Kepesk. Il avait attiré l'attention de quelqu'un d'important.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Mar 16 Aoû - 1:00

Il n’était pas sûr d’apprécier tant ce qu’il était en train de se dérouler autour de lui. Il savait qu’il était dans une épreuve et tout ça, mais cette double voix était quand même troublante. À voir comment Boredrir lui avait doublement répondu peu de temps après pour lui permettre de monter à bord, il se doutait que parler par la pensée était un moyen de communiquer avec tout le monde. Après tout, s’il était dans un état de rêve, il était plausible que certaine capacité se débloque. Enfin, il n’était pas regardé comme un étrange.
 
Peut-être avait-il pensé trop vite en se disant qu’on l’accueillait bien, car l’équipage était quand même nerveux d’une certaine façon. Il était bien content d’avoir retrouvé son navire, mais l’équipage était sa famille, sa communauté, et il était très important qu’il soit en parfait état aussi. En ce moment, même si ce n’était pas complètement réel, le monde semblait à bout de souffle et ce n’était tout simplement pas bon signe. Il savait très bien ce que ce genre d’état pouvait causer à quelqu’un … Aroan en était la dernière preuve à Hiloroth.
 
Ce qui le troublait aussi, c’était ce que la seconde voix disait. Ses deux amis ? Il se doutait que Boredrir voulait parler d’Aroan et Lihuzane … mais ils n’étaient pas là en ce moment. Bien sûr, Kepesk se souvenait que Boredrir les avaient rencontrés lorsqu’ils c’étaient retrouvé au Cocon, mais de la façon qu’il en parlait … ça laissait un étrange goût au fond de la gorge. Il savait qu’il n’avait pas trop le choix de répondre à son second, mais il ne savait pas trop comment y répondre.
 
Il fallait essayer quelque chose encore une fois, mais il fallait le faire avec sagesse. Pour le moment, ce ne serait peut-être pas la sagesse qui dirigerait ses actes, mais son instinct. Il répondrait à la seconde voix de vive voix cette fois. Sois c’était une erreur … soit ça ne changerait rien … sois ça allait faire quelque chose. Après tout, en vrai et sans honte, il était le Capitaine et non un étranger.
 
« L’étrange temple que nous avons découvert sur l’île a fait tomber plusieurs des membres de l’expédition hélas. Ondine les a rappelées dans son grand royaume et ils peuvent maintenant se reposer. Je ne m’attendais pas à revenir moi non plus, mais je suis bien content de tous vous revoir. Vous n’avez pas la mine, mais j’espère bien que nous serons tous capable de reprendre du mieux prochainement. Vous avez bien fait de n’envoyer personne me chercher, l’équipage doit rester soudé entre lui durant des épreuves de la sorte. Ensemble, nous en sortirons plus fort. »
 
Il avait tout simplement ignoré de parler des deux dit amis. Du moins pour le moment.
 
(Il me fera plaisir de rencontré votre Capitaine, je suis sûr que c’est quelqu’un de brave. D’où je viens … c’est une sacrée bonne question par exemple. Du plus moins que je me rappel, j’étais en train d’explorer une île.  J’ai dû m’endormir et je me suis réveillé ici. Depuis, je marche et je marche, mais je n’ai pas trouvé terre moi non plus. J’aimerai vous donner de meilleure nouvelle mon cher, mais ce n’est pas de sitôt que j’en ai.)
 
Un bruit attira son attention ... vers sa cabine. Enfin … une partie de sa cabine sûrement. Une partie devait être vide, car c’était la sienne … et l’autre devait être occupé par ledit capitaine de l’Odysseus. Par contre, Kepesk le savait … il ne pouvait y avoir qu’un Capitaine à bord. Qu’Ondine le prenne en témoin, il n’abandonnerait pas son équipage … que ça soit une épreuve ou non!
 
(Par contre, j’ai réussi à comprendre un peu les constellations étranges au-dessus de nous et si auriez quelques cartes maritimes, je suis certain que je pourrais vous guider vers des endroits plus agréables et surtout plus réconfortant. Je vois que vos hommes ont un grave besoin de se restaurer et de mettre pied à terre. Ensemble, nous pourrons sûrement faire de grande chose … si vous me le permettez bien sûr.)
 
« Et bien … est-ce que Maka se trouverait dans ma cabine ou bien vous m’avez déjà trouvé un remplaçant Boredrir. Je sais que je vous ai fait une belle frousse, à moi aussi, mais je suis bien là de nouveau et j’espère sincèrement qu’Ondine permettra à se fier équipage de continuer à naviguer dans de meilleures eaux. Il est temps de se redonner un cap ! Pour Ondine !»
 

Il savait que ce cri de ralliement plaisait à ses hommes. C’est bien pour ça qu’il avait cru qu’ils étaient tous des adeptes de Nature … plus spécialement Boredrir. Pour le moment, il tourna son regard vers son équipage et il porta une attention particulière au hublot de sa cabine. Il avait bien l’intention de savoir qui se trouvait dans ses quartiers.

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Mer 17 Aoû - 23:08

L'enjoué couplet du Capitaine Kepesk fût accueilli avec incompréhension par Boredrim, celui ci n'hésitant pas un instant à lui lancer un regard carrément suspicieux à la fin de celui ci.

"Boredrim ? Maka ? Pardonnez moi, étranger, mais comment connaissez vous mon nom où celui de notre mousse ? Qui diable êtes vous ? Comment pouvez vous connaitre aussi intimement ce vaisseau ?!""Mettre les voiles capitaines ? Immédiatement ? Mais et le reste de l'expédition ? Qu'en est il de Théolaf ? Mélénor ? Yamana ? Elthiriel ? Dorthek ? Et Clint était avec vous aussi, non ? Capitaine ! Où est Clint ?!"


Ce fut l'instant où la porte de la cabine du capitaine s'ouvrit brutalement. Dans un bruit de bois claqué d'une violence inimaginable. Une main bleu apparu, suivi d'une silhouette fine et élancée, aux longues tentacules bleu azurs apparu.

"Assez ! J'en ai trop entendu pour rester silencieux.""Assez ! J'en ai trop entendu pour rester silencieux."


Aroan marchait furieusement devant Kepesk, l'équipage silencieux. La peau de son visage noire d'un colère ouverte et franche. Ses yeux pétillaient d'une lueur meutrière, illuminés par des étincelles d'essence magique. Habillés par des habits entre ceux que Kepesk lui connaissaient et son ancienne tenue de matelot, il toisa le Draconide de toute sa hauteur.

"Boredrim ! Cet étranger nous connait pour une bonne raison ! Il est le but ! Il est la raison de notre errance, bien que vous n'ayez pas été présent pour vous en souvenir, c'est de sa faute, si aujourd'hui nous voguons au milieu de cet océan sans fin... Finalement !""Kepesk ! Nous devons partir de cet endroit... Maintenant ! Il ne va pas tarder ! Tu sais très bien que le reste de ton expédition est mort, ou pire encore ! Inutile de passer de la pommade dessus ! Nous aurons tout le temps de les pleurer en mer... S'il te plait !


Aroan, ou son imposteur, leva un doigt accusateur. Chacune des têtes de l'équipage semblèrent se tourner de manière mécanique vers le capitaine, le regardant avec une fureur irréelle. Sa rage s'entendait, âpre, amère, faisant trembler sa voix.

"Aujourd'hui, tu paieras pour ce que tu nous as fait. J'espère pouvoir te faire subir la même chose que ce que nous même nous avons subi par ta faute. Il n'y aura aucune sympathie ici pour toi, Capitaine...", le ton de sa voix traina comme une insulte : "Seulement ton châtiment.""Je suis désolé, Kepesk. Je suis vraiment désolé. C'est ma faute pour avoir ouvert cette tombe, c'est ma faute, je le sais. Lihuzane va très mal, je la sens partir de plus en plus. Nous devons prendre la mer !..", le son de sa voix se fit suppliant : "S'il te plait ! Kepesk !"


L'ambiance tomba, et avec elle une certaine réalité. Kepesk put voir le vaisseau s’éroder légèrement, ses couleurs chaudes, ses voiles blanches, se grisant, rouillant, s'éclatant de vieillesse. Autour de lui, l'équipage avait désormais les traits creusés, les arcades proéminentes. Leur peau se parant des couleurs bleu mauves habituelle des noyés. Mais personne ne l'attaquait, seulement Aroan approchait, sa main descendant lentement à sa ceinture, où un sabre rouillé pendait désormais. Un sabre brutalement familier.

Aroan aussi avait changé, son corps se recouvrait rapidement de cicatrices, brulures, hématomes, un de ses yeux brulant doucement dans son orbite. une poignée de tentacules tombèrent également, disparaissant le moment où elles touchaient le pont, se réduisant en une poussière blanche balayée par un vent inexistant. Il était devenu une piètre image de lui même, maigre, tremblant d'une douleur si longtemps contenu.

Dans un cri intense de peine et de rage, il hurla.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Sam 20 Aoû - 1:15

Erreur … voilà ce qu’il venait de commettre. Oh, il ne se sentait pas mal d’avoir essayé quelque chose, mais il devait maintenant vivre avec les conséquences. Il comprenait maintenant que lorsqu’il parlait à haute voix, ce n’était pas seulement la première voix ou la seconde voix qui l’entendait … c’était tout le monde. En fait, les pensées étaient peut-être seulement entendues par la seconde voix, mais il n’était pas certain et ce n’était pas si grave que ça. Il savait que son véritable équipage, c’était la seconde voix … qu’importe leur physique actuel.
 
Il allait répondre quelque chose lorsqu’un évènement vint troubler le « calme » qu’il y avait sur l’Odysseus. Finalement, la porte de sa cabine s’ouvrait et il ne s’attendait vraiment pas à ce que ça soit Aroan qui viennent à lui. Bon, selon la seconde voix, ça pouvait avoir du sens, mais selon la première … il ne pouvait pas croire qu’Aroan était Capitaine. L’Ancien était un citadin et il le savait très bien. À leur dernière rencontre, Kepesk avait compris qu’Aroan voulait comprendre ce qui c’était passé à son peuple durant leur absence. Kepesk, bien qu’il n’aimât pas la situation des draconides, était un explorateur. Hiloroth … c’était leur problème !
 
Il écouta, du mieux qu’il put, les deux discours. Alors que le premier était dangereux pour Kepesk, le second était … hélas … l’Aroan que Kepesk connaissait. Son ami manquait un peu de courage même s’il c’était sauvé d’Aralrim lorsqu’on les avait kidnappés. Kepesk avait un cœur pour son équipage, mais dans les yeux de la seconde voix, c’était simplement de la déprime et du rabaissement personnel. Il n’était pas sûr de comprendre ce qu’il voulait dire par « il ne va pas tarder », mais il n’avait pas vraiment le temps de penser à ça. Le Capitaine, le vrai, devait rester sur le qui-vive.
 
En regardant autour de lui, il comprit que l’équipage, acteur passif de son épreuve pour le moment, réagissait surtout à la première voix … celle qui l’accusait d’être la cause de leur errance sur cette mer étoilée. Maintenant, il y avait dans leur regard de beaucoup plus dangereux et de beaucoup plus menaçant. La situation ne fit qu’empirer lorsque l’Odysseus prit l’allure de vaisseau fantôme … ainsi que tous les membres à bord.
 
(Oh non … il est hors de question que je laisse mon navire sombrer comme ça ! Je ne sais pas à quoi il ressemble dans le monde éveillé, mais je ne laisserai pas cette version onirique sombré simplement parce que c’est un rêve … une épreuve.)
 
Il y avait de la détermination dans les yeux du Draconide. Même Aroan avait changé et il portait à la ceinture son sabre ! Bon, il était assez rouillé comme le reste du navire, mais il était capable de le reconnaître malgré tout. Aroan se servir d’une arme … il était curieux de voir ça. Il se doutait que cette version de l’Ancien était plus puissante que son véritable ami, mais ce n’était pas un problème que Kepesk ne pouvait surmonter. Il se tourna vers l’équipage pour les regarder tous à la ronde.
 
« Vous savez tous qui je suis ! Que vous connaissiez mon nom et ce nom résonne au plus profond de votre âme. Je suis le Capitaine Kepesk Stormborn, seul et unique Capitaine de l’Odysseus. Vous ne me connaissez pas depuis longtemps, mais vous m’avez tous accueilli sur le navire avec honneur et respect. Et je vous ai retourner cet honneur et ce respect. Tous et chacun, de mon second jusqu’au jeune mousse, vous savez que je me sens honoré d’être le Capitaine. Je vous fais confiance et ce soir, je vous demande de me faire confiance encore une fois.
 
Je suis le Capitaine et malgré la tempête que nous traversons en ce moment, je combattrai pour tous ceux qui sont avec moi et je payerai mes respects à ceux qui ont été accueilli dans le royaume de la Reine des Océans. Vous êtes ma famille, nous sommes une communauté. Ensembles, nous braverons tous sur notre chemin ! »
 
Il fit face à l’Ancien qui avait crier avant qu’il commence à parler et planta son regard dans le sien. Il était ferme, mais compatissant.
 
« Et toi Aroan, tu vas reprendre tes esprits une fois encore ! Tu t’accuses des maux qui ont frappé l’Odysseus et tu veux te libérer de tes responsabilités. Cela ne sert à rien de t’apitoyer sur le passé. Il faut accepter notre passée, accepter les épreuves que nous avons traversé, et en sortir plus fort tous ensemble. Certains choix ont été fait … certains choix qui expliquent notre situation … mais ce n’est pas vrai que je ne vais pas me battre pour améliorer la situation coûte que coûte. Le passé fait partie de nous alors il faut l’accepter et arrêter de vouloir le combattre.
 
Arrête de te plaindre et soit vrai et sincère une fois encore. L’Odysseus et tout le monde à son bord a besoin que tout le monde soit vigilant et soit prêt à combattre la tempête à notre porte. »
 

Il prononçait ses discours avec vigueur, mais il n’était pas fou non plus. L’Aron vivant-mort pouvait toujours être dangereux et il se tenait prêt à réagir si un combat commençait. Ce qu’il espérait, c’était de redonner espoir et foi à cette communauté d’Ondine … à sa communauté.

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Mar 23 Aoû - 17:31

Jet de dés:
 

Le discours de Kepesk n'eut aucun effet sur l'équipage, leur immobilité surnaturelle à son plaidoyer indiquant plutôt un profond intérêt pour le conflit entre les deux anciens compagnons. Le Draconide sentit un objet métallique rouler dans sa direction. Un sabre d'abordage. L'arme était étrange, d'un métal légèrement doré, avec des reflets blancs. Un coquillage ouvragé lui servant de garde-main. Lorsqu'il l'attrapa, elle était froide au toucher, presque comme organique. On aurait dit une très délicate céramique. Il ne vit pas qui avait pu l'envoyer.

Kepesk n'eut qu'à peine le temps de s'en saisir avant que, dans un hurlement de rage, Aroan ne l'attaque, jetant son sabre sur lui.

Jet de dés:
 

L'arme frola son épaule, déchirant le tissu de sa tunique, avant de tomber quelques pas derrière lui. Kepesk bougea d'à peine quelques pas, regardant le Capitaine de loin, un haine palpable dans son regard.

"Il est tellement simple pour le criminel de faire table rase du passé. Ses victimes innocentes n'ont pas cette chance, Kepesk ! Ne comprends tu donc pas ? Tous ici, sommes les gens que tu as abandonné derrière toi, dans cette fuite en avant qui te corresponds si bien. La tempête dont tu parles, c'est toi, Kepesk !""Tu as pris la bonne décision, Kepesk. Aussi dure soit elle maintenant, tu as pris la bonne décision. Nous nous sommes retrouvés entre deux forces bien trop puissantes pour nos pauvres existences, et tu as bien vu ce qu'ils ont fait au reste de l'expédition. Il nous reste encore à fuir le plus loin possible, et rester vivant."

Au dessus des deux hommes, le ciel sembla se couvrir de nuages. Le ciel perdu de sa clarté, transformant le navire d'avantage encore, comme un fantôme garni de lanternes d'amarrage. A force d'invoquer des tempêtes, une se levait. Le navire se mit à tanguer légèrement alors qu'un vent et une pluie surnaturelle commençait à tomber.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Jeu 25 Aoû - 4:53

Bon … ce n’était pas vraiment l’effet qu’il avait espéré suite à son discours enflammé. Il avait espéré allumant une flamme d’espoir dans les yeux de ceux qu’il considérait comme sa famille.  Il avait regardé Boredrir un peu plus longtemps que les autres, car il avait toujours espéré que son second était un Initié de Nature. Ondine voulait le mettre à l’épreuve il était bien conscient, mais comment on osait lui montrer l’Odysseus et ses compagnons, ça l’énervait vraiment. Il connaissait chaque personne de son navire et il savait comment il réagirait vraiment. Il devait garder la tête froide …
 
Il prit le sabre qui roula vers lui et remarqua le détail de cet arme durant un bref instant. Ce n’était pas normal … aucune personne sur ce navire n’avait une telle arme. Le travail semblait magnifique. Est-ce que cette arme faisait partie de l’épreuve ? Sûrement … Mais son utilisation ne se fit pas attendre, car il dû parer l’arme que lui … lançait … Aroan. Depuis quand on lançait un sabre ? Il savait que l’Ancien était agile, mais là … c’était un peu désespérant quand même. Ce n’était pas comme ça que l’Aroan maniaque pourrait le tuer de sitôt.
 
La première voix l’accusait encore alors que la seconde … se morfondait encore. Kepesk ne savait pas ce qui était le plus énervant en vérité. Autant il savait que la première version était simplement une version déjantée, il était assez triste de penser que la seconde voix ressemblait un peu, véritablement, à son ami. Il se rappelait très bien comment il avait réagi après la visite avec Celui-qui-Voit dans le Temple d’Yla. Kepesk avait dû le brasser un peu, mais là, c’était bien pire. L’Ancien semblait être dans un état de panique sans limite.
 
(Est-ce que je dois trouver un équilibre entre les deux ? Ondine est celle qui protège les marins, mais elle aussi qui lève les tempêtes qui ont fait couler de nombreux navires. Je dois me rappeler aussi que ce soir, c’est la Conjonction … le Royaume d’Ondine doit ressembler à une vraie furie.)
 
Il regarda son sabre et regarda la tempête qui était en train de se lever. Peut-être qu’il était en train de rêver, mais il avait l’impression qu’il était en train de vivre une tempête digne de la Conjonction. Il reposa son regard vers l’équipage et puis vers Aroan. Qu’importe comment on lui parlait en ce moment, il était conscient que cette tempête était dangereuse et qu’il ne pouvait se permettre de sombrer avec cette tempête.  Maintenant que l’Ancien n’avait plus d’arme en main … il ne savait pas trop s’il devait le maîtriser ou non …
 
Il prit une grande respiration et, même s’il gardait une poigne solide, il baissa un peu sa lame.
 
« Il est vrai que je suis loin d’être parfait Aroan. Nous avons tous fais des choix que nous regrettons. Mes décisions ont un impact plus important, car je suis le Capitaine de l’Odysseus. Ce n’est pas toi Aroan et ça ne le sera jamais. Personne ici présent est blanc comme neige. Tu dis que je suis la tempête et il se peut que certaines de mes décisions amènent la tempête, mais jamais je ne combattrai la tempête qui s’amène vers moi.
 
Qu’importe l’adversité qui se présente devant moi, je ne reculerai pas seulement parce que j’ai peur. Bien sûr, il existe des forces en ce monde qui sont beaucoup plus puissantes, mais ce ne sont que d’autres tempêtes. Si vous m’écoutez, moi votre Capitaine, il n’y aucune tempête que nous ne serons capable de sortir vainqueur d’une façon ou d’une autre. Je ne dis pas qu’il n’y aura jamais de perte, mais jamais ils ne seront oubliés
 

Par Ondine, allez-vous laissez vos émotions de rage et de tristesse vous noircir l’esprit ? Ou bien désirez-vous combattre comme les fiers marins que vous êtes et continuer à naviguer sur un océan que nous adorons tous !? » 

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Sam 27 Aoû - 1:26

Jet de dés:
 

Les mots de Kepesk ne semblaient plus atteindre son équipage. Etais ce au moins son équipage ? Ils regardaient désormais le Draconide comme on regarde un petit vieillard dérangé. Avec cette étrange pitié dans le regard, de ceux qui savent, et qui jugent silencieusement, alors qu'une pluie drue commençait à ravager le pont, laissant tout le monde indifférent. Aroan semblait baigner dans cette étrange écho de confirmation. Son sourire se fit mauvais.

"Tu parles trop, Dragon.""Tu parles trop, Dragon."


Se faisant, il releva la main, celle ci entourée d'un halo horriblement familier.

Jet de dés:
 

Le capitaine tourna immédiatement la tête, lorsqu'il sentit le tintement du métal sur le bois du pont, mais il n'eut le temps de rien faire. Le sabre rouillé d'Aroan, son propre sabre, s'était projeté sur lui, lame en avant, entaillant profondément l'aine de Kepesk. Un immense éclair déchira le ciel alors que la douleur venait frapper les portes de son esprit. Dans un grand mouvement, l'arme vola dans les airs, avant qu'un Aroan extatique la rattrape avec agilité. Ses yeux buvaient la souffrance du Draconide, Kepesk pouvait sentir dans les quelques sourires de son équipage que l'Ancien n'était pas le seul à apprécier cet instant.

"Condescendance, Autoritarisme, Étroitesse d'esprit, Lâcheté. Qu'attendre d'autre d'un capitaine incapable d'assumer en face ses responsabilités.""Pensiez vous vraiment m'échapper ? Oh, je dois avouer qu'aucun d'entre nous n'attendais une diversion de cette taille, mais sérieusement ?"


L'Ancien haussa les épaules, sarcastique. La douleur du Draconide semblait lui avoir fait reprendre des couleurs. Il avait l'air plus vivant, plus vif, plus lui même. Ses tentacules repoussaient doucement, son oeil était de nouveau un véritable oeil. Les cicatrices... Les cicatrices étaient toujours là, étranges, rituelles. Un étrange roulement de rires étouffés venait de son équipage. Certains, les plus souriants, changeaient eux aussi. Leurs corps s'allongeaient, s'affinaient, le bleu de la noyade devenait plus aquatique, plus... Anciens. Le bateau tanguait désormais, la tempête faisant claquer ses voiles, sa pluie lessivant le pont, faisant comme une surface d'eau vive qui coulait par dessus les bastingages.

"Si seulement tu faisais l'effort de comprendre. Si seulement tu souhaitait assumer la mort de ceux que tu nommes ton équipage. Tout serais tellement moins brutal, moins douloureux. Je serais même prêt à t'accorder une mort rapide si tu étais suffisamment pénitent. Laisse moi t’ôter la vie.""Vous avez fait du dégât, je dois le reconnaitre. Mais qu'attendre des rejetons d'un Dragon. Il ne sera pas là cette fois ci, et il n'est pas question qu'aucun d'entre vous ne quitte l'ile avant que nous en ayons terminé. Maintenant sois un bon petit dragounet et laisse moi t’ôter la vie.


Aroan regardait Kepesk comme s'il était un insecte, hautain. Il se déplaçait comme un chat sur le bois mouillé. Kepesk aussi se sentait étrange. Son assise était étonnamment bonne, comme si ses bottes étaient soudées par la soudaine présence de l'eau vive sur le pont.

Notes:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Sam 27 Aoû - 14:50

Là … c’était un coup que Kepesk eu de la difficulté à absorber. Il avait tenté de jouer la carte de l’équilibre pour faire comprendre à l’équipage et à Aroan qu’il était celui qui les aiderait à retrouver le bon chemin. Mais non! Il fallait que tous et chacun continue à faire leur entêté à leur façon et désapprouve Kepesk. Il savait bien que ce n’était pas son vrai équipage, mais leur refus de l’écouter commençait à le mettre sur les nerfs. C’était sûrement la première fois qu’il ne se faisait pas obéir directement après le premier ordre, alors après le second, c’était une véritable douche froide.
 
Par la suite, il n’écouta même pas ce que la Première Voix lui dit. Ce n’était que des insultes qui visaient à le rabaisser. Si la Seconde Voix n’avait pas changé à ce moment, les insultes auraient pu l’affecter et le faire douter de plus en plus de lui. Ce qui l’empêcha de tomber dans le négativisme fût ce changement … Ce n’était plus la voix pleurnichard d’Aroan … c’était quelque chose de beaucoup plus grave et beaucoup plus ancien que l’Ancien. Bien sûr, il ne pouvait en être sûr, mais il le sentait sur ses écailles.
 
Il y avait quelque chose de familier dans cette voix, mais Kepesk n’était pas capable de mettre le doigt dessus. À l’entendre, c’était comme s’ils c’étaient déjà rencontrer autre fois … et l’allusion au Dragon dérangeaient Kepesk à un certain point. Cette insulte qu’on lançait au draconide à Hiloroth … ceux que l’on accusait d’être de maille avec les dragons à cause de leur apparence. Kepesk avait toujours détesté ça … Il aurait aimé relever l’insulte, mais le reste de ce que la Seconde Voix disait était plus important.
 
(Se pourrait-il que ce soit ce qui a été libéré au Cocon? Ce qui est inquiétant dans ce qu’il dit, c’est qu’ils sont plusieurs. Est-ce que c’est ces créatures qui ont causé notre amnésie … ? Si oui …je dois me rappeler ! Je me dois de connaître mon adversaire ! )
 
Puis, vint l’attaque que Kepesk n’avait vraiment pas vu venir … enfin presque. Il entendit le tintement métallique derrière lui et ne put parer le coup comme la dernière fois. Damné magie ! Il avait complètement oublié les quelques sortilèges que maîtrisait Aroan et cela lui retombaient maintenant sur lui. Il ne l’oublierait pas maintenant … et le temps de la discussion était terminé.
 
« J’assumerai toujours mes responsabilités … comme celle que je vais prendre là. Moi, Kepesk Stormborn, Capitaine de l’Odysseus et fidèle d’Ondine, je te juge toi, Aroan, coupable de haute trahison. Que la Reine des Océans m’en soit témoin, tu vas arrêter de jouer avec l’esprit de mon équipage, avec celle de ma famille ! »
 
Il toucha sa plaie saignante et avec ses doigts, il refit le symbole de vague que la Voix d’Ondine lui avait fait sur le front. Qu’Ondine soit témoin et juge son fidèle encore.
 
« Et toi qui se cache derrière le corps de mon compagnon, je t’ai peut-être oublié d’une façon ou d’une autre, mais je suppose que tu es celui qui a causé les problèmes sur l’Île. Je ne sais pas ce que tu es pour le moment, mais si tu as un semblant de courage derrière cette couarde, montre ta véritable apparence et fait moi face. Nous irons là où nous avons envie d’aller et ce n’est pas toi ou tes semblables qui nous arrêterons ! »
 
Sentant qu’il avait une bonne posture, il avança pour frapper son adversaire au torse. Il devait briser la concentration de l’Ancien pour que son sortilège s’arrête … du moins il l’espérait. L’important était de renverser la vapeur pour que cette épreuve ne se termine pas par la mort du Capitaine. 
 

(Reine des Océans, regarde mon bras et protège mes pieds. Ton Serviteur se montrera digne de toi … ou bien mourras en essayant. Que ce sang qui coule de moi soit une offrande à ta Grandeur.)

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Sam 27 Aoû - 23:09

Jets de Dés:
 

Kepesk s'approcha, ses pas traçant de longs sillages dans l'eau du pont, comme s'il surfait à sa surface. Aroan le regarda arriver avec un sourcil légèremment relevé, le défiant du regard.

"Oh... Si vulgaire..."

La lame de Kepesk fendit son corps, celui ci se transformant immédiatement en un amas d'eau à la vague forme humanoïde. L'eau ne garda pas sa forme plus longtemps, et retomba avec fracas sur le pont. La voix d'Aroan retentit aux oreilles de Kepesk. Ils avaient échangés leurs places.

"Si prévisible..."


Aroan avait de nouveau cet étrange air hautain, marchant sur le pont lessivé comme un patineur danse sur la glace. Il lança de nouveau son sabre en direction du Draconide, mais le rata d'un bon pied. Le mage n'en avait cure, déjà sa main s’imprégnait d'essence.

Il y avait quelque chose d'étrange dans sa manière de se déplacer. C'était extraordinaire, magique certes, mais quelque chose était plus étrange encore. Kepesk comprenait. Il n'avait pas subi d'illusion, ou quoi que ce sois de ce genre... L'Ancien s'était transporté. Il avait échangé sa place avec l'eau vive. Et Kepesk comprenait. Il savait instinctivement comment faire, comment cela fonctionnait. La connaissance lui venait comme si elle avait été toujours là. Toucher le courant, penser à un autre endroit, se transporter. Aussi simple que de respirer.

Étais ce cela le don ? Son réveil ? Sa disparition par la fontaine du bureau d'Hélias ? Depuis combien de temps utilisais t il cet étrange pouvoir sans s'en rendre compte ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Lun 29 Aoû - 0:36

Un vrai combat … Cela semblait faire une véritable éternité qu’il n’avait pas combattu pour sa vie. Il avait beau savoir qu’il était dans un état onirique en ce moment, il se doutait fort bien que l’échec dans ce combat pût amener une véritable mort pour son corps physique dans le Temple d’Ondine.  Il c’était un peu entraîner avec Dagon et Tol-Gunn, mais lorsque l’on se retrouve dans un combat où sa vie est en jeu, les réflexes doivent être encore plus aiguisés … et les décisions doivent se prendre à une vitesse phénoménale.
 
Par contre, il savait qu’il pouvait vaincre ! Il était peut-être rouillé un peu, mais il savait qu’il était un bon combattant et que ses coups pourraient sûrement porter sur le corps de son compagnon. Le hic, c’était qu’il savait que l’Ancien était agile. Un coup portant était inutile s’il était esquivé par son adversaire.
 
Et c’est bien ce qui se produisit au final. Enfin … c’est ce que le Capitaine cru. Il était sûr d’avoir touché sa cible, mais quelque chose qui ne serait pas rationnellement explicable se produisit devant ses yeux. Le corps d’Aroan se liquéfia et disparu tout simplement de son champ de vision pendant un bref instant. Il ne connaissait peut-être pas les Anciens ni la Magie … mais il était certains que ce n’était pas un des pouvoirs que son partenaire connaissait. De plus qu’il se mouvait beaucoup trop rapidement et avec aisance sur un pont qui était complètement détrempé !
 
Puis, ce fut un flash pour Kepesk. Ce n’était pas un mouvement normal … c’était simplement du déplacement d’un endroit à un autre ! Il y avait un lien entre l’Eau et la Personne ! Cependant, dans ce flash d’information, Kepesk se rendit compte qu’il ne comprenait pas uniquement, mais qu’il pouvait le mettre en application tout de suite s’il le désirait. Une partie de sa mémoire latente venait de se réveiller après un sommeil éternel et quelque chose venait d’être découvert au plus profond de son âme.
 
« Mon Don … »
 
Il avait murmuré ses deux mots et, même si un sourire était apparu sur son visage durant un instant, ce dernier disparu rapidement. Il comprenait comment il avait pu échapper au bureau d’Hélias … mais il comprenait aussi comment il avait pu s’échapper de la tempête que Celui-qui-Voit avait vu lorsqu’il avait fouillé dans la mémoire d’Aroan. Instinctivement, son esprit de survie c’était activé sûrement et le Don lui avait sauvé la vie sans que le Capitaine ne s’en rende compte. Pas qu’il se plaignait d’être en vie … mais il comprenait, malheureusement, que son équipage n’avait peut-être pas … sûrement pas … eu cette même chance.
 
Il devait rester concentré, mais cette possibilité le frappait énormément quand même. Il resserra sa poigne sur son arme et ne fit qu’observer son adversaire. Tous les deux avaient se pouvoir en ce moment. Et la créature l’avait qualifié de prévisible. Ondine était imprévisible … il avait mis de côté cet élément à place de dire qu’elle représentait un équilibre. Il devait simplement faire quelque chose qui allait le rendre imprévisible. Il ne pouvait savoir si la créature était au courant du Don de Kepesk, mais il devait tenter le coup.
 

Il connaissait ce navire comme sa poche … Au contraire d’Aroan ou de la créature qui prenait sa forme. Il pouvait aussi tenter de lui soutirer son arme une bonne fois pour toute … mais il n’était pas certain Aroan pouvait faire ça avec n’importe quelle arme. Il devait tenter le coup … au moins pour le ralentir un peu. Kepesk pensa à l’endroit à l’arrière d’Aroan. Dès qu’il reprendrait forme, il lui donnerait un coup rapide et tranchant dans les talons. Se positionnant derrière son adversaire, il ne pourrait l’attaquer sans s’empaler lui-même …

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Dim 4 Sep - 1:06


C'était un étrange sentiment. Une impression de connexion, d'immensité, comme si les sens du capitaine touchaient à l'entièreté du monde en un seul instant, sans les reconnaitre. Il pouvait aller où il voulait, il lui suffisait de visualiser correctement l'endroit. Derrière Aroan, rien de plus simple. Dans un battement d'obscurité, le temps d'y penser, et il se tenait derrière l'ancien, l'épée au clair, voyant sa propre ancienne forme tomber en flaque sur le pont du vaisseau. Aroan venait à peine de comprendre, son bras fit un mouvement instinctif de magie mais il était trop tard.

Le capitaine ne rata pas son coup, son épée trancha dans quelque chose. Mais lorsqu'il regarda mieux, il n'y avait que de l'eau, rien que de l'eau, la forme d'un ancien retombant avec fracas sur le pont. Aroan avait eu le temps de s'enfuir, il n'avait tranché que sa forme aqueuse. Il le regardait de l'autre coté du pont, à sa propre place, un air momentanément effrayé dans le regard, avant de se ressaisir, sa main instinctivement se redressant dans l'air, alors qu'un sifflement familier se faisait entendre, mais pas de face, comme Kepesk s'y attendait.

Aroan maitrisait son pouvoir, Kepesk le savait, mais sa maitrise lui échappait. Il pensais que le pouvoir fonctionnait en ligne droite, que l'épée se comportait comme un projectile classique, mais ce ne fut pas le cas. Celle ci vint le cueillir sur sa blessure, l'ouvrant d'avantage, arrachant des écailles en même temps qu'une incroyable douleur. Il tint bon ceci dit, ses pieds bien calés sur le pont. Son vaisseau le soutenait.

Aroan rattrapa son sabre, joueur, mais Kepesk pouvait voir à ses yeux qu'il était concentré, conscient d'être passé à deux doigts de la catastrophe. Il ne parla pas, il se contenta de reprendre son attitude hautaine, attentive, prête à combattre. Ses yeux faisaient le tour de la foule, ce qu'il voyait lui plaisait.

Kepesk eut aussi le temps de voir le reste de l'équipage, et cela fut un choc. Certains étaient au sol, baignant dans leur sang, d'autres combattaient entre eux, attaqués par les mêmes étranges anciens que le capitaine avait vu apparaitre précédemment. Ils étaient nombreux, rapides, très organisés, ils tranchaient dans son équipage comme une meute de requin dans un amas de proies vives. Aroan semblait galvanisé par la présence de ces vils camarades, riant, éclatant de rire dans la tempête.

Il regardait le capitaine, lâchant nonchalamment son arme, qui vint tinter sur le pont, écartant les bras, dans la bravade du tout puissant.

"Alors, capitaine ! C'est tout ce que ta determination peut donner ?!"


Jets de dés:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Mar 6 Sep - 15:54

C’était une sensation comme jamais… ou presque. Ce qu’il ressenti au moment où son don s’activa alors qu’il en était pleinement conscient, c’était paradisiaque … Il sentait la puissance de l’eau couler en lui pour lui permettre d’accéder à l’endroit qu’il désirait en un clignement des yeux. Il sentait un monde de possibilité s’ouvrir à lui maintenant et ça lui donnait presque le vertige. Il avait ressenti cette sensation lorsqu’il avait mis le pied sur le Kalilith la première fois en tant que Capitaine. Un choc électrique qui traverse le corps et l’âme tellement la situation est grisante …
 
Un moment il était à un endroit et la seconde d’après, il se trouvait à un autre en tranchant son ennemi … enfin ce qu’il croyait. L’excitation de la seconde d’avant s’arrêta brusquement lorsqu’il remarqua qu’il n’avait tranché que de l’eau. Aroan … ou la créature qui le possédait … avait réussi à réagir assez vite pour esquiver le coup en utilisant ce pouvoir. Kepesk grinça des dents et puis souri en voyant la mine surprise de son ennemi. Kepesk n’avait peut-être la magie d’Aroan, mais au moins, il jouait tous les deux sur un pied d’égalité concernant le don.
 
Kepesk resserra sa poigne lorsque l’arme de l’Ancien lui trancha de nouveau la chair. Il n’était pas assez rapide ! Ses réflexes n’égalaient pas ceux de son ennemi et à la vitesse où son sang coulait, il ne lui faudrait sûrement que quelques blessures supplémentaires pour sombrer. Il savait qu’il n’était que dans un rêve … mais il se doutait qu’un rêve de la sorte pouvait avoir des conséquences graves … Il ne mourrait peut-être pas … mais il perdrait peut-être son Don pour toujours. Maintenant qu’il l’avait découvert, il ne voulait pas le perdre.
 
Il y avait une chose qui était clair pour le Capitaine : c’était SON don octroyé par Ondine … pour son Enfant. La créature qui l’utilisait en face de lui n’était qu’un voleur. Ce don revenait à Kepesk et à personne d’autre. Il saignait peut-être en ce moment … mais il n’abandonnerait pas.
 
D’un coup d’œil rapide autour de lui, la vision ne lui plu guère. La situation dégénérait de plus en plus.  Si le Capitaine avait de la difficulté, mais son équipage n’était pas vraiment dans une meilleure situation.  Il n’était pas sûr de reconnaître à 100% les anciens qui affrontaient son équipage, mais il était certain que ça avait un rapport avec ce qui c’était passé au Cocon. Cette créature et ses semblables étaient la responsabilité de Kepesk et de ses compagnons. Il ne l’oublierait pas …
 
« Fier équipage de l’Odysseus! Nous ne sommes peut-être pas dans une brillante situation, mais nous sommes de fiers marins qui honoreront Ondine chaque jour ! Il n’est pas vrai que nous laisserons notre fier bâtiment être pris par ses abominations ! Nous souperons peut-être dans le Royaume des Océans ce soir, mais montrons leur ce que nous sommes capable, nous, les Véritables Fils de l’Océan ! Pour Ondine ! »
 
Il lança un regard fier et rempli de détermination à son ennemi. Kepesk n’était pas dupe. Aroan était un piètre lanceur de projectile, mais il était un bon lanceur de sort. S’il voulait terminer le combat rapidement, l’Ancien devait se concentrer sur sa magie et non sur ses habiletés au tir. Une autre fois, Kepesk se déplacerait près de lui. Il devait être rapide … Il allait prendre le sabre, SON sabre au pied de l’Ancien. Bien que l’arme qu’il avait était hors de l’ordinaire, Kepesk récupérerait tout ce qui lui appartenait : son bâtiment et son arme.
 

« Il est temps de revenir à la maison ! » 

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Ven 9 Sep - 0:24

Jets de dés:
 


La tirade lyrique de Kepesk n'eut aucun effet sur les membres de son équipage, bien trop occupés à ferrailler avec les agresseurs amphibiens. Kepesk pouvait les voir tenir le terrain avec ardeur, mais les Anciens qui les attaquaient étaient particulièrement doués. Cela s'annonçait mal pour la suite du combat.

Ceci étant, le discours eut l'effet de totalement déconcentrer Aroan, qui ne put s'empecher une tirade bien plus sardonique.

"Allons donc, fier capitaine ! Aucun d'entre vous n'est de taille sans votre force aérienne. Et même lui ne pourra rien contre nous dans cette tempête, tout dragon qu'il est... Eh ! Qu'est-ce que tu fais !?"

Il remarqua trop tard la manœuvre du Draconide. Kepesk s'élança sur son sabre, sachant que là était sa chance. Mais il se prit les pieds dans un seau roulant aux grès de la tempête, s'écrasant douloureusement sur le pont dans un fracas lourd et humide, le sabre à peine hors de portée de sa main tendue. Cela fit rugir de rire Aroan, qui tendit le doigt d'un mouvement magique...

Rien ne se passa. Le sabre bougea un peu avant de redevenir inerte. Kepesk, sonné par la chute, le voyait devant lui. Encore un effort et il pourrait peut être s'en emparer. Aroan de son coté tentait tant bien que mal de faire fonctionner sa magie, avec un étrange air crispé, entre la concentration et la colère.

Autour des deux combattants, le navire roulait dangereusement, rendant le combat très complexe pour beaucoup de monde. Les attaquants amphibiens avaient l'avantage du bastingage, n'hésitant pas à se maintenir grâce à celui ci, mais les hommes d'équipages avaient leur propre expertise du navire. Cela n’empêcha pas le capitaine de voir des silhouettes tomber hors de vue dans des hurlements indiscernables. La mer elle même réclamait son dû avec force et brutalité.

Notes:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Sam 10 Sep - 17:32

Son devoir était de motiver les troupes ! Qu’importe ce qui arrivait … bien qu’il aurait bien aimé délaisser son adversaire pour aller sauver son équipage … il était leur Capitaine et ils devaient savoir qu’il croyait en eux et qu’il serait toujours fier d’être leur Capitaine. Kepesk n’était pas idiot et savait très bien que la situation commençait à virer au vinaigre pour l’Odysseus et son équipage … mais il ne pouvait simplement pas abandonner. Ce n’était pas dans son sang et au fond de son âme, il croyait vraiment que la situation allait bientôt changer et qu’il pourrait redonner la monnaie de sa pièce à l’abomination en face de lui.
 
Hélas … la fin allait sûrement arriver bientôt lorsqu’il senti ses pieds s’entremêler et qu’il tomba sur le pont. Son sabre était si près et pourtant si loin. Le draconide offrait maintenant une cible facile et il allait sûrement y laisser ses écailles. Il avait essayé au moins … Il espérait uniquement qu’Ondine n’avait pas trop honte de lui … Il leva une dernière fois les yeux vers son ennemi. Il ne mourrait pas comme un lâche.
 
Mais … rien ne se passa ! Visiblement, la malchance décidait de visiter un peu le camp ennemi aussi.  Il voyait bien la rage dans le visage de l’Ancien. Il était tellement sûr de pouvoir finir ce combat, mais Ondine en avait décidé autrement. Kepesk n’était pas sûr de pouvoir continuer ce combat bien longtemps en plus de la confusion à cause de la chute, mais il ne pouvait laisser cette chance lui passer entre les doigts.
 
Se remettre debout était-il une bonne idée … Kepesk n’était pas sûr que dans son état, il serait capable de rester debout longtemps. L’arme de son adversaire, son sabre, était si près de lui. Il jouait avec le feu de rester si près de l’arme qui pouvait éteindre sa vie, mais en même temps, il devait empêcher l’Ancien de pouvoir lui envoyer cette arme contre lui.
 
« Est-ce que l’eau commencerait à te monter à la tête et tu n’es plus capable de maitrisé tes pouvoirs abomination ? Je ne suis peut-être pas dans le meilleur des états, mais je n’abandonnerai pas. JAMAIS ! »
 
Kepesk devait s’enfermer dans une bulle dimensionnelle pour se concentrer. Outre la tempête qui faisait de plus en plus rage, l’équipage de l’Odysseus n’allait pas vraiment bien. Il savait bien que dans chaque bataille il y avait des pertes, mais c’était sa famille qui était en train de se faire massacrer. Chaque coup qu’ils prenaient, Kepesk les ressentaient aussi … et la douleur était simplement plus grande en voyant certains membres passés par-dessus bord. Il savait qu’ils savaient tous nager … dans des eaux calmes. Là, c’était peine perdue.
 
(Ondine, Reine des Océans, qu’importe l’issu de Ton épreuve, sache que mon âme t’appartiendra toujours. Malgré que tu ne m’aies pas jugé digne d’être l’un de Tes Initiés, je te demande de permettre à mon âme de continuer de te servir au-delà de ma mort. Ton humble serviteur Kepesk Stormborn se dévouera à jamais pour toi. Qu’il en soit ainsi aujourd’hui et pour tous les autres jours à venir au sein de Ton Royaume.)
 
Après cette, possible, dernière prière, Kepesk lança un visage plein de rage envers l’Ancien. Il allait payer une bonne fois pour toute!

« POUR ONDINE ! QUE MON SANG SOIT L’OFFRANDE POUR LA GRANDEUR DE LA REINE ! »

 

Ignorant toute douleur, grimaçant légèrement, Kepesk ordonna à son corps de lui obéir encore. Il pouvait sentir l’eau sous lui … et il savait qu’il pouvait sentir l’eau sous l’arme de son ennemi. Il se devait de l’attraper pour ensuite trancher son ennemi ! Un coup rapide … mais mortelle. Tout ce qu’il lui fallait pour remettre les pendules à l’heure.

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Sam 10 Sep - 18:55

Jets de dés:
 


Dans un geste furieux et desespéré, le capitaine se projeta vers le sabre, s'écrasant sur le sol détrempé du pont, sous l'oeil abasourdi de son adversaire. Sa main se referma sur le manche qu'il sentit vibrer sous la magie d'Aroan, mais Kepesk ne laissa pas le temps à la magie d'opérer. En un élan fulgurant de volonté, il se transporta de nouveau derrière son adversaire, tranchant le premier membre à sa portée.

Un rugissement de rage se fit entendre, et il vit Aroan bondir de douleur vers l'arrière, reprenant une distance de sécurité. Il se tenait la jambe, une méchante estafilade ruisselante d'un sang noir la découpant en diagonale. Il avait été suffisamment vif pour éviter une blessure majeure, mais cela était suffisant, d'une certaine manière, pour lui faire perdre tout désir de bravade. L'Ancien le regarda, ses yeux d'un noir gris brillant sous les éclairs.

A cet instant précis, il ne ressemblait plus du tout à Aroan.

"Sale lézard, tu vas payer cet affront une bonne fois pour toute..."

Il était plus vieux que son ami. Plus charpenté aussi. Il se déplaçait sur le pont avec une agilité bien différente du prospecteur. Dans sa main, une arme étrange était apparue, cela ressemblait à une courte lance, finissant par une lame de sabre. Ses habits avaient changés eux aussi, militaires, antiques, rigoureux, recouvert d'une substance étrange qui faisait glisser l'eau sans se mouiller, comme les écailles d'un poisson. A le regarder, à s'en souvenir, il ne voyait plus les traits qui pouvaient ressembler à Aroan.

"... Ta race inférieure est une abomination en elle même. Par quelle horrible magie avez vous trouvé le moyen de vous transformer ainsi? Je l'ignore. Et cela ne t'es plus important désormais, car ta fuite est terminée."

Il jeta son arme avec dextérité, celle ci venant se figer avec force dans l'épaule du draconide, le clouant au pont. La douleur était horrible, insurmontable. Mais elle n'était rien face à la scène qui changeait sous les yeux écarquillés de Kepesk.

Autour de lui, ses derniers membres d'équipages tombaient les uns après les autres. Assommés, morts, disparus. Les rares survivants se faisant rapidement soumettre par la masse organisée de leurs assaillants. Leur défaite faisait écho aux battements de sang qui lui montaient dans le crâne. Il sentait sa respiration s’accélérer. Son coeur partir au galop. L'adrénaline lui montait au crâne comme jamais auparavant, mais sans aucun effet sur son corps. Il coulait. Il sombrait. Il allait mourir.

Il ne remarqua pas l'Ancien avancer vers lui, mais il sentit sa main se poser sur l'arme, et secouer sa carcasse, lui faisant reprendre une conscience aiguë de sa situation.

"Vous échapper n'était qu'un rêve, homme dragon. Votre condition d'esclave vous soumets naturellement à notre grandeur. N'ai pas peur, accepte ton Destin. Nous te garderons en vie, autant qu'il le faudra, et même ton cadavre, alors froid et pourrissant, sera un pas de plus vers notre gloire."

Ses yeux étaient immobiles, fixés sur le visage d'Aroan, le vrai Aroan, se débattant faiblement dans la poigne d'un autre ancien. D'étranges courbes d'un bleu sombre courraient sur son corps alors que ses yeux ne dévoilaient que le blanc de la perte de conscience. Un glapissement se fit entendre, alors qu'une longue et fine forme, serpentine, se débattait contre deux agresseurs. Lihuzane, faible, effrayée, subissait avec douleur le même traitement. Une main s'approcha de lui, et le draconide su alors à cet instant précis, qu'il allait subir la même chose. Lihuzane poussa un cri terrifiant, puis plus rien... Ses deux tortionnaires se relevèrent, s'adressèrent un regard. Ils l'attrapèrent et la jetèrent à la mer, comme un vulgaire objet sans importance.

La main se posa sur le front du Draconide et il se souvint brusquement : L'Ancien Noir. Le Temple. Le Tombeau. Kepesk n'avait jamais été prisonnier, il avait découvert un secret très important ! Il devait retourner sur l'ile ! Il devait ramener avec lui d'avantage de gens, d'avantage d'érudits. Il fallait que tout le monde, le plus grand nombre soient au courant de ces trésors, de ces secrets. Il n'avait jamais été attaqué. C'était un naufrage ! Surement. Et tout son équipage était vivant ! Il devait le retrouver, c'était sa mission sacrée ! L'Ile était la solution.

Le noir se fit dans son esprit, Kepesk sombra dans l'inconscience.

Note:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Smil (MJ)
Admin
avatar

Messages : 1373
Date d'inscription : 04/11/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Mar 13 Sep - 16:15

Flashs, l'odeur du sel dans les narines, des feux follets dans les yeux, Kepesk se retrouva dans une profondeur familière. Devant lui, ses sens à peine conscient sentit la présence d'une entité étrange, collé à sa bouche, comme aspirant son esprit. Celle ci tira en arrière, s'arcboutant, avant de relâcher son étreinte, un long filet de fumées noires suivant son sillage et semblant comme l'attaquer, alors qu'elle s'éloignait en de frénétiques mouvements saccadés, se débattant contre l'étrange nuée. Kepesk se retrouva libre de ses mouvements, mais n'eut le temps de ne rien faire avant qu'une autre créature, semblable à la première, ne vienne la remplacer, l'enserrant dans ce qui semblait être un long corps sinueux. De nouveau il eut le goût du sang sur la gueule. De nouveau l'inconscience le gagna.

Il se réveilla en sursaut dans une eau saumâtre, sensation furieusement familière. Encore une fois, il se trouvais couché dans une vingtaine de centimètres d'eau, encore une fois elle semblait recouvrir tout ce qui existait. Mais cette fois point de ciel au dessus de sa tête, non. L'étrange plafond en ogive de ce qui avait tout l'air de constituer une étrange, et souterraine prison. Ses yeux s'habituant à la pénombre, il put déterminer d'avantage de détails architecturaux. La manière de faire lui était totalement inconnue, alliant des pierres étrangement organiques, d'un bleu tirant sur le violet, avec un style très élancé, un peu comme certaines architectures elfiques. Cela donnait l'impression de l'intérieur d'un gigantesque animal marin, fossilisé.

Il était prisonnier, cela ne faisait aucun doute. Une profonde blessure à l'aine lui soulevait le coeur à chaque respiration. Elle était étrange, très similaire à celle du combat précédent, mais différente. Kepesk avait l'étrange sensation qu'elle avait été là avant. La toucher ne revelait également aucun sang frais, plutôt le sang noir et concentré de la cicatrisation. Mais la douleur était bien réelle, et la faiblesse tout autant. Avec suffisamment de volonté, il arriverait à se relever.

La grille de sa cellule était constitué d'entrelacs aussi organiques que les murs, dans un métal bardé d'épines. Le style démontrait d'un réel désir sadique envers les prisonniers, et décourageait toute tentative de force à son encontre par le biais de ce qui semblait être des barbes à chaque épines. A travers la grille, le capitaine pouvait voir la cellule d'en face, elle aussi occupée. Deux silhouettes étaient entrelacées contre le fond de la cellule dans la pénombre, l'une tenant l'autre en sanglotant doucement. La forme soliloquait une sorte de litanie pathétique qui échappait au Draconide. Il devrait s'approcher pour mieux entendre.

Une autre sensation lui vint, fugitive, celle de l'eau elle même. Il avait le don et celui ci se rappelait à lui. Mais sa sensation était brumeuse, affaiblie, comme son corps et son esprit. Tout ce qu'il savais était qu'il était dans un complexe de cellules closes, sans accès facilité vers l'extérieur. Il sentait pulser le pouvoir d'Ondine à chacun de ses battements de coeur.
Note:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kepesk
Aventurier
avatar

Messages : 349
Date d'inscription : 03/01/2015

MessageSujet: Re: 3 - Kepesk : Nature, la Passagère   Sam 24 Sep - 17:19

Le destin du draconide semblait sceller lorsqu’il senti le dernier coup de l’arme le transpercer et lui soutirer ses dernières énergies. Il avait échoué visiblement l’Épreuve … et il n’avait aucune espèce d’idée de ce qu’il allait lui arriver maintenant … Son esprit notait tout ce qui se passait autour de lui, mais ses yeux semblaient tout simplement perdu dans la brume. En fait, il désirait plus que tout survivre et se donner une dernière chance, mais il semblait à bout de ses propres réserves.
 
L’abomination se révélait finalement à lui et lui montrait des choses qu’il oublierait sûrement dans les prochains instants. Voilà l’ancienne créature qu’ils avaient dû libérer sur l’Île. Elle semblait étrange et ancienne … même pour un Ancien. Peut-être que si la Reine des Océans permettait à son âme de continuer de le servir, il pourrait tenter de percer ce mystère. Enfin bon. Ce qui le troubla bien plus fut le sort de Lihuzanne … Il avait vu beaucoup de cadavre dans sa vie et elle était bien morte lorsque les assaillants la lancèrent par-dessus bord.
 
(Est-ce que mon amie est vraiment morte ? Mais … mais je l’ai bien vu en face de moi. Est-ce un imposteur ou c’est quelque chose d’étrange ? Pauvre elle … pauvre Aroan … pauvre moi … pauvre nous tous en fait.  J’ai échoué lamentablement … mais au moins je lui ai fait couler le sang à cette vermine …)
 
Avant de sombrer dans l’inconscience, tout fini par lui revenir. Fini l’amnésie et bonjour le flot d’information. Il comprenait tout maintenant ce qui c’était déroulé. Il aurait aimé, dans un dernier souffle, offrir cette connaissance à quelqu’un qui pourrait l’utilisé, mais c’était fini. Il était venu, il avait vu, mais il avait perdu.
 
Puis, le Capitaine se réveilla avec dans cet océan avec les créatures qui lui tournait autour. Avait-il seulement rêvé … enfin … Il avait échoué quand même, même si c’était seulement une partie de l’Épreuve. Un échec et un échec et Kepesk n’en était pas friand. Il ne se sentait pas vraiment en contrôle de son corps et se laissa faire lorsqu’une seconde créature l’embrassa avec passion.
 
Même réveil, différent décor. Ce fut de peine et de misère que Kepesk réussi à s’extirper de l’eau. Il n’avait aucune idée de nouveau où il se trouvait, mais il n’appréciait pas les barreaux qui l’empêchait de sortir de cette cellule. Une prison. Il tenta de creuser ses souvenirs, mais jamais il n’avait vraiment eu un séjour en prison. L’architecture étrange et marine ne lui disait rien qui vaille. Il avait une sombre idée et cela lui donna un frisson qui le traversa au complet lui arrachant une grimace de douleur où il devrait être en train de saigner.
 
L’ancienne épreuve était peut-être un rêve, mais il ne se sentait pas très fort pourtant. Il sentait un vide en lui … Quelque chose semblait lui manquer. Par chance, il sentait toujours sa connexion avec l’eau. Il avait eu peur de perdre le Don après avoir échoué la première épreuve. Il pourrait sûrement se sauver en un rien de temps, mais il fallait mieux en apprendre plus sur cet étrange environnement avant de s’aventurer.
 
Il avait deux compagnons au moins, mais dans une cellule en face de la sienne. Il n’était pas capable de discerner leurs traits, mais ils ne semblaient pas être heureux de leur situation aussi. Il pourrait facilement s’approcher d’eux avec son don, mais c’était assez risqué à y penser. Il se pouvait que ce soit des fous qui l’achèverait rapidement. Il prit une brève respiration, grimaça, et regarda pour s’assurer qu’il n’y avait pas de garde proche.
 
« Et vous deux … Je ne sais pas qui vous êtes et pourquoi vous êtes là, mais pourriez-vous me dire où nous sommes … Aidez-moi s'il vous plait ... Je. »
 

Il allait se présenter lorsqu’il décida de se retenir finalement. Trop d’information était dangereux.

_________________
"il faut aller à l'avant de la tempête!", Kepesk-Navigateur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

3 - Kepesk : Nature, la Passagère

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» La nature en sommeil... [pv Hypnos]
» Soins prodigués par la Nature. [PV : Lïo]
» Solitude passagère [Rhiod]
» Les créatures de la nature ont besoin d'air pur
» Le protecteur de la nature~

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Royaumes d'Arathiel :: Le coin RP :: La Conjonction-